CHAPITRE IX L'ATTRACTION DE LA FRANCE
Concours d'étrangers. — Les étrangers n'attendent pas que la France vienne à eux, ils vont la chercher chez elle. Il ne s'agit pas des jeunes gens qui de tout temps allaient latiner dans les Universités, dont on se souvient pourtant'. Il s'agit de l'aristocratie de tous les pays. S parle, assez gauchement du reste, de la séduction irrésistible qui l'a appelée : « Charmés des manières aisées et polies des hommes et de la liberté naïve et séduisante des femmes, les étrangers venoient avec plaisir se former dans une école si agréable ). Puis il monte plus haut : « Les souverains même, attirés par cette afabilité venoient visiter la Cour : en 1397 l'empereur Wenceslas, en 1400 Emmanuel, empereur de Grèce, en 1416 Sigismond, en 1543 Charles Quint, en 1559 le duc de Savoie, accompagné du duc de Brunswick, du prince d'Orange et de cent gentilshommes qualifiés » '.
La politesse a eu la gloire d'attirer à Paris en 1739 « ce monarque si redouté, si respectable,... si chéri des François même pour la bienveillance dont il a toujours honoré leur langue et leur nation » ^.
De même l'attrait s'est exercé « sur deux monarques du Nord, sur le Chef de l'Empire, sur le grand duc de Russie et son épouse ». « Dans chaque Cour les Grands cultivoient le français dans l'espoir d'accompagner leur maitre ». « C'était partout des Princes et des personnes distinguées de tout sexe, qui, las chez eux d'une résidence toujours monotone, des divertissemens toujours uniformes, d'une société toujours « gênante », parce qu'elle est au-dessous d'eux, viennent chercher à Paris des divertissemens nouveaux, des spectacles toujours variés, des pièces de Théâtre sublimes, des Acteurs célèbres pour leur goût et leurs talens, des artistes supérieurs