‹ Histoire de la langue française (volume 2)Chapitre 140 sur 330 · S, f°5 25 V» et 26 r · texte numérisé non relu

S, f°5 25 V» et 26 r

pour le génie et la force, une Cour toujours splendide et superbe, des sociétés toujours brillantes et pleines de charmes, des maisons royales toujours magnifiques et parées de ce que les arts et l'industrie ont produit de plus rare ou de plus recherché ; une ville immense et étonnante pour ses richesses, pour son luxe, pour ses plaisirs, pour l'élégance de ses batimens et l'agrément de ses promenades publiques ; un royaume composé d'un nombre prodigieux de grandes villes, dont la plus part sont recommandables pour leur commerce, leurs manufactures, leurs fabriques; un royaume si vanté pour la belle ordonnance de ses postes, pour la beauté de ses grandes routes et pour la sûreté de ses chemins; un royaume que les étrangers de toutes les classes ont quelque intérêt particulier à visiter : les savants, pour ses belles bibliothèques publiques et particulières ; pour des Cabinets d'histoire naturelle, de médailles, de monnoie ; pour des académies en toute sorte de genre d'érudition, établies non seulement à Paris, mais aussi dans la plupart des grandes villes. Les militaires, pour le grand nombre de villes fortifiées, pour ses écoles de génie et d'artillerie et l'ordonnance de ses troupes ; les marins, pour les beaux ports, le nombre de villes maritimes, les Ecoles de marine, les arsenaux, les chantiers, etc.

« les commerçants, pour le nombre étonnant de riches manufactures, de fabriques de toutes les espèces, de métiers ingénieux. L'agriculteur même y trouve des leçons utiles pour les productions abondantes et bien ordonnées en vins exquis, en bleds recherchés, en fruits délicieux'... ces objets si intéressants ne doivent-ils pas faire germer dans toutes les autres [nations] l'envie de savoir parler une langue qui les met à portée de s'entretenir avec des hommes qu'ils ont un si grand intérêt de fréquenter et de s'en rendre amis » '.

Avec ce panégyriste, dont l'enthousiasme est malhabile, mais sincère, d'autres font chorus. Ainsi Eberhard, qui juge qu'une langue n'est estimée qu'en raison de la culture du peuple qui la parle ^; B, qui nous montre les grands, venant se régaler de bons ragoûts et écouter des sons mélodieux (sic), dégoûtés à leur retour de leur langue qui « tape des coups de tonnerre ». Pour reposer leurs oreilles ils se remettaient au français et cela tournait en habitude^.

G a dépeint cet engouement s'étendant même à ceux qui n'avaient fait le voyage qu'en pensée : L'éclat de la Cour de Louis XIV

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