‹ Histoire de la langue française (volume 2)Chapitre 141 sur 330 · L'ATTRACTION DE LA FRANGE · texte numérisé non relu

L'ATTRACTION DE LA FRANGE

attirait beaucoup d'étrangers qui apprenaient le français et le parlaient aussi plus tard chez eux pour se distinguer des autres gens. D'autres qui ne pouvaient pas aller à Paris, acceptaient du moins les modes, les mœurs, la langue de ceux qui y avaient été ; bientôt l'imitation des Français fut une telle « épidémie » qu'une certaine M™* de Canitz se commandait même un mari de Paris, et que chacun de ceux qui bégayaient le français et qui s'habillaient à la française se croyait un Français '.

Paris et Versailles. — Quoiqu'on ait en général célébré la France entière, c'est visiblement de Paris que rayonne le charme, on le sait et on le répète. Au xvii" siècle déjà, une éducation n'était pas parfaite, si elle n'était pas couronnée par un voyage à la capitale^. L'éloge de cette ville unique est partout. Si ridicule que soit L par endroits, il est français, et ses ouï-dire valent des observations, dont il a pu faire du reste quelques-unes : « (A Paris), suivant lui, les états se rapprochent, les talens, les titres s'y confondent, l'étranger y est acceuilli (sic)... la jeunesse vive, sémiliante, aimable, polie, réunit aux frivoles agrémens de cet âge les précieuses qualités de l'homme fait et raisonnable... enfin les spectacles, les promenades semblent une société d'amis \.. ». « Le François a voyagé... les peuples l'ont jugé un être indéfinissable, léger, futile, étourdi et sans caractère réel, cependant il leur a plu ; ils l'ont aimé, reçu, recherché, et bientôt il est devenu leur idole... ». On a été attiré à Paris: « Paris a enchanté... de retour dans sa patrie, le voyageur d'abord a paru ridicule aux yeux du sage, le général et la nation, les femmes surtout et le sage lui-même l'ont bientôt trouvé plus

agréable et d'un commerce plus charmant Entendre, se faire

entendre a été le premier pas indispensable, les études, les sciences, les arts, les spectacles, les cercles, les plaisirs ont fait une première nécessité de cette langue » ^.

« Plaire aux dames, puiser dans leur commerce aimable les principes de la sociabilité, eut été une entreprise folle sans la connoissance au moins ébauchée de leur langue ; un sourire malin, un geste expressif, un coup d'œil tout de feu, enfin une manière françoise n'eussent pu faire fortune sous le rude idiome des Teutons, non plus que sur le risible chant des Albioniques » ^.

D'un bout à l'autre de ces Mémoires, c'est une litanie. Les termes

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