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de la louange se répèlent presque, tant les pensées se superposent : « Comme autrefois on alla à Athènes on va à présent à Paris. Tous les Gentilshommes tant soit peu à leur aise et tous les roturiers opulens font ce voyage pour se polir, à ce qu'ils disent, et pour acquérir ces manières aisées, vives, civiles, qui caractérisent la nation françoise. Pour se procurer ces avantages, ils dépensent fort souvent la moitié de leur bien et quelquefois le tout ; ils y vont en bonne santé et reviennent souvent foibles et maladifs ; ils y portent des mœurs et des manières simples pour les échanger contre des habitudes corrompues et des affectations vicieuses. Une de ces affectations est de se servir chez eux de l'idiome françois qu'ils ont bien ou mal appris » '.
On n'a pas oublié Versailles non plus, centre où Louis XIV avait fixé sa Cour, ni l'éclat dont le roi s'était entouré : « Les fêtes qu'il donnoit attirèrent, au sçu de tout le monde, une infinité d'étrangers : quel idiome pouvoient-ils employer dans un pays ou Ion ne cultive point les langues étrangères » ' ? Il est peu question pourtant de ce palais de rêve, et pour cause : n'y entraient que les invités de marque ; qu'on note dans le texte que nous venons de citer les mots « au sçu de tout le monde », l'auteur n'y est pas allé, il n'était pas reçu à la Cour.
Effets de l'éblouissement. — G a fait un tableau assez vivant de l'impression produite par tant de merveilles. Je traduirai littéralement son texte ^ : « Chacun (dans les Cours étrangères) voulait avoir un Versailles, une Comédie, un Opéra. On faisait venir des troupes françaises pour voir chez soi les pièces qui faisaient une telle sensation. Ni en Allemagne, ni dans les pays du Nord, il n'y avait quelqu'un qui pût écrire une pièce seulement médiocre dans sa langue maternelle. Les acteurs supportables n'existaient pas non plus. Les Français régnaient donc partout et ne partageaient la gloire théâtrale qu'avec les Italiens qui étaient dans l'opéra pour l'Europe ce qu'étaient les Français dans le drame et la comédie. Bien des gens apprenaient le français pour comprendre les pièces françaises, beaucoup pour avoir le goût de la Cour.
(( Quoiqu'on ait blâmé le désir des Allemands d'aller à Paris et d'imiter les Français, il était à excuser. Les Allemands étaient éblouis comme toute l'Europe et il faut se rappeler combien ils pouvaient apprendre ; ils étaient des barbares rudes, sans culture,