‹ Histoire de la langue française (volume 2)Chapitre 143 sur 330 · L'ATTRACTION DE LA FRANGE · texte numérisé non relu

L'ATTRACTION DE LA FRANGE

sans esprit, sans manières ; leurs savants étaient des pédants plongés dans l'érudition, leurs gens de Cour des pédants dans les cérémonies, la plupart des Cours aimaient la boisson, les fous de Cour; on s'enivrait même « en cérémonie », De politesse et d'agréable sociabilité il n'y avait aucune trace. Chez les Français l'élégance des mœurs, les manières, le goût des plaisirs spirituels s'est développé plus tôt que chez leurs voisins. Déjà Shakespeare avait dit dans une de ses pièces : « They think. after the French nation in awkward imitation ». (Us pensent à la française d'une façon maladroite).

« Par cela il est prouvé que les Anglais imitaient alors les Français, que ceux-ci se distinguaient par un degré de polissure, si rudes qu'ils fussent. Le caractère devait se communiquer à la langue, ce qui est prouvé du reste, si on compare un écrivain du xv* siècle et du suivant avec un de ses contemporains allemands. Sous Louis XIV elle gagna encore davantage ce caractère de politesse sans contrainte. Comme les Allemands acceptaient les mœurs et la manière de vivre française, leur langue, traînante, « complimenteuse », ne convenait plus. Il en était de même chez les autres nations du Nord. Sans doute il eût été mieux d'affiner la langue du pays au lieu d'introduire une langue étrangère, mais c'était trop difficile. N'était-il pas plus aisé d'apprendre une langue cultivée que de perfectionner la sienne propre » '.

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