‹ Histoire de la langue française (volume 2)Chapitre 151 sur 330 · F» 140 vo · texte numérisé non relu

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5. L, dans la médiocrité de sa pensée, s'y est seul arrêté : «... La phiolsophie Antichrétienne renaissant au sein de la France... empruntant de la langue françoise, soit dans l'attaque, soit dans la défense, la légèreté, la futilité, l'ironique qui la caractérise ; ... les drames supérieurs à tout ce qui sort dans ce genre des plumes étrangères, les productions éphémères, inimitables dans leur enjoùment et qui perdent tout à la traduction, ont fait une seconde nécessité d'apprendre le françois pour jouir d'une manière intellectuelle « (f° 113 v").

Valeur absolue et relative des langues. — O aperçoit cette vérité que toute langue est la meilleure pour le peuple qui la parle'. Un autre concurrent n'a pas manqué de noter et d'expliquer philosophiquement pourquoi du « beau sensible » on ne peut faire aucune preuve irréfutable. Nos sentiments à l'égard de la beauté d'une langue, dont l'oreille surtout est juge, ne sauraient être infaillibles ".

Il n'v a pas de langue parfaite, remarque de son côté Eberhard. Quand nous en préférons une, cela veut dire ou bien qu'elle présente des avantages sur les autres, ou bien que les avantages qu'elle présente sont ceux que nous préférons ^

Suivant Q la question de la supériorité d'une langue ne pourra jamais être jugée, puisque c'est notre sentiment qui doit être juge souverain, or il n'existe aucune loi fixe et invariable sur laquelle il se devrait nécessairement régler. Le beau n'existe pas en lui-même, mais seulement dans chaque individu particulier. Tout hommejuge d après son sentiment et ressent, en affaires corporelles comme en affaires spirituelles, selon le rapport entre son âme et la chose qui agit actuellement sur son sentiment. En outre la variété de cette faculté des âmes se double des circonstances extérieures dans lesquelles l'âme se trouve ^.

Le développement ne s'arrête pas là. G, nous l'avons vu, observe qu'il était plus facile d'adopter une langue étrangère que de raffiner la sienne °. Toutefois ce n'est pas cette paresse qui peut expliquer les préférences de l'Europe.

1. « Considéré en lui-même, c'est à dire en tant qu'il est l'expression de nos pensées, il [notre langage] ne paraît point mériter cet avantage sur les langues d'aucune nation ; puisque chaque Pays, chaque Peuple, en se servant de son idiome, se fait entendre, et n'a besoin en aucune manière, de notre Langue pour remplir cet objet » <f» 79 y°).

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