F«' 146 v et 147 r
o. F»s 146 vo-147 r». 6. F" 146 r".
Toutefois cette culture est vue de loin, et n'est pas connue dans ses détails. Malherbe a l'honneur d'une mention. Vaugelas non. I remonte jusqu'à François I". Il attribue à son intervention la purification de la langue judiciaire'. Il connaît la mesure par laquelle le Roi expulsa le latin des tribunaux, et c'était, il a raison de le dire, une incitation à perfectionner le français en vue de la fonction nouvelle qu'on lui confiait. Le style juridique est demeuré emphatique, mais au moins l'aspect latin qu'avaient les mots et les formules latines leur a été enlevé, et les actes français ne souffrent plus ce bariolage qui fait qu'en Allemagne quiconque n'est pas obligé de lire des textes de ce genre les met immédiatement de côté -. S n'ignore pas non plus cette histoire ^
Le rôle de l'Académie française. — Mais ceci posé, c'est l'Académie surtout qui attire les yeux, et qui excite l'admiration et l'envie '\ L'erreur d'optique se comprend. Nulle part il n'existait un corps officiel chargé de régir la langue et muni à cet effet de l'autorité de l'État. La Crusca n'avait jamais eu en Italie ce privilège °. L'un des auteurs le note avec raison : « C'est un corps unique, dit-il, qui a produit un livre unique, le Dictionnaire. Aucune langue n'en possède l'équivalent » \ « Aussitôt, dit 0, que l'Académie Françoise et que les sciences commencèrent à fleurir, le cahos (sic) se développa, la nature étala toutes ses beautés; tout prit une nouvelle forme, et la France n'eut plus rien à envier aux meilleurs siècles de l'Antiquité. Notre Langue devint plus aimable à mesure qu'elle devint plus pure. La pureté du langage nous amena celle des mœurs. Le Goût qui regnoit dans les Ouvrages d'esprit entra dans les bienséances de la vie civile, et nos manières comme nos ouvrages servirent de modèle aux étrangers. Le Goût est l'Arbitre et la règle des Mœurs comme du Langage. C'est un dépôt public qui d'abord a été confié à l'Académie françoise... c'est un dépôt dont se sont chargées toutes les Académies établies à l'instar de la nôtre, et à la garde duquel on ne peut trop veiller « '■ . « Armand, Cardinal de Richelieu, dont le vaste génie embrassoit tout... pensant à donner à notre nation toutes sortes de supériorité, conçut que ce seroit dominer en quelque façon sur nos voisins que