‹ Histoire de la langue française (volume 2)Chapitre 155 sur 330 · O, f« 73 r» et v · texte numérisé non relu

O, f« 73 r» et v

N, poussant plus avant, note la simplicité de la morphologie', le nombre réduit des mots. Il ajoute la régularité dans l'ordre de la phrase, dont d'autres plus clairvoyants, font seulement un élément de clarté. Un peu naïvement, le même vante l'étroitesse du lexique et l'abondance des circonlocutions ^.

Aisance de la prononciation. — Mais le même N a raison d'insister sur la prononciation « douce, molle et légère, qui se peut acquérir avec une autre facilité que celle de l'anglais ». Et il faut lui tenir compte d'une observation qui contient déjà toute la découverte attribuée à l'abbé Scoppa : L' « accent en français est facile à mettre, il est toujours sur la dernière syllabe, sauf une exception unique, à savoir qu'il doit être transporté sur la pénultième, si la dernière syllabe se termine par un e féminin, règle qui est spéciale au français » ^.

Il est en revanche dillicile de s'expliquer pourquoi D, examinant les mots transplantés (?) ciel, répondre, monsieur, monseigneur, considère qu'ils l'emportent sur t'i'e/o, rispondere, signore*.

Clarté. — La qualité suprême du français est sa clarté.

Eberhard ' a supérieurement démêlé que la clarté vient à la fois de la détermination du sens des mots et de leur enchaînement, et que l'obscurité est due aussi bien à l'incertitude dans la liaison et le rapport des mots entre eux que dans la variété de leur sens. La première forme est V obscurité par ambiguïté, la seconde V obscurité par équivoque. Toutes deux sont des imperfections difficiles à éviter. Mais elles se trouvent moins souvent chez ceux qui savent se servir du français que chez les autres. La langue peut donc s'attribuer à ellemême une partie de cet avantage. C'est non seulement une langue claire, mais qui clarifie l'esprit. « On comprend ce que les mots doivent gagner de précision à être maniés soit dans des écrits, soit oralement par des gens éclairés et riches d'esprit ». Ces gens ne sont guidés que par un sens intime, mais avec le temps surviennent les grammairiens philosophes, auxquels l'occasion est fournie de distinguer les moindres différences entre des expressions qui semblent

"1. Les autres langues, dit-il, sont plus riches d'expressions, mais le français est plus riche d'idées. Or c'est plus facile de retenir trois ou quatre significations d'un mot que quatre mots particuliers pour exprimer chacune des notions séparément.

Il ne voit aucun avantage à l'abondance de l'anglais, où on peut nommer une chose de deux ou trois manières ditférentes (f° 93 r»).

•4. F" 157 yo.

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