‹ Histoire de la langue française (volume 2)Chapitre 166 sur 330 · I, f° 124 vo · texte numérisé non relu

I, f° 124 vo

7. « Cette langue si accueillie, si précieuse aux aini(s), aux amans, aux gens lettrés et non lettrés, aux gens d'affaires et sans affaires, aux gens de la première volée et de la seconde volée, aux voyageurs et à ceux qui ne voyagent point, cette langue demeurera universelle aussi longtemps qu'elle sera parlée en France... l'on sentira de plus en plus l'utilité, la commodité et l'agrément d'entendre une langue vivante, qui, dispensant de l'étude fastidieuse d'une langue morte, servira detruchemanà toute la Chrétienté ! Et l'indépendance des Etats Unis de l'Amérique dont la fortune est désormais liée à celle de la France, va donner un nouveau prix à l'idiome d'un Roi libérateur » (C, fM69 vo).

S est aussi verbeux et plus banal encore (f° 33 v").

8. O, f"^ 80 v'^ et 81 r° : « Malgré cette instabilité des choses... tant que les Sciences fleuriront, que les Etrangers seront amateurs de nos ouvrages; qu'ils verront avec joie les spectacles françois... que les Puissances... ne désisteront (sic) point d'appellcr dans leurs Etats des savants et des artistes de toute espèce ; tant qu'elles ne s'opposeront point à l'entrée de nos livres dans leurs domaines, ni à la sortie de leurs sujets dont Paris et toutes les villes de nos Provinces fourmillent continuellement, tant que subsisteront les- .Académies, tant que la France jouira de la considération... et tiendra le rang qu'elle a acquis... que notre Gouvernement influera sur la Politique générale de l'Europe... le règne de la langue françoise continuera ».

« Or les Académies subsisteront et les Sciences fleuriront toujours, etc « (Ib.).

La dessus on invite les puissances, les Dieux de la Terre à venir à Versailles voir le modèle des Rois !

français doit maintenir son rang, c'est à condition qu'ils soient imités.

Toutefois, c'est du développement interne de la langue que dépendra surtout l'estime des peuples. Il lui faut d'abord garder ses qualités'. N va plus loin, il est nécessaire qu'elle fasse encore divers progrès : une langue ne se maintient pas à un niveau donné, elle se perfectionne ou entre en décadence^. A ce propos sont signalées les réformes que notre langue doit réaliser encore dans sa structure et sa nature^. 11 faut que disparaissent les doubles-sens des mots S qui causent des malentendus; que s'accroissent les possibilités de noter des nuances de l'idée fondamentale \

Le même veut bien accorder du reste que les progrès de la langue comme ceux de la littérature française n'ont pas encore cessé ".

La croyance à une chute. — 11 est temps de passer à ceux qui doutent. F considère qu'il n'est pas même à souhaiter que « la langue françoise reste longtemps en possession de cet avantage, parce que cette situation est la cause innocente que toutes les langues étrangères se corrompent insensiblement dans les pays où l'on cultive le François ; vérité de laquelle toutes les langues de l Europe fournissent des preuves incontestables ».

« Au reste il paroit assez indifférent pour la nation et la Langue Françoise qu'il y ait des gens à Tobolsk, à Saardam, à Elsignon, à Chelsea, etc., qui écorchent le François, ou qu'ils parlent leur propre jargon » \

Que cela soit heureux ou non pour la tyranne du moment, la chute viendra. On l'annonce, je devrais presque dire, on l'espère : Sans qu'on puisse fixer aucune date, l'événement se produira dans un temps plus ou moins éloigné, dit I '' ; les circonstances ne seront

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