LES CHANGES DES LANGUES CONCURRENTES
moque de van Vonzel, médecin hollandais, « qui prognostique que dans cinq siècles environ on parlera le russiote aussi généralement qu'aujourd'hui le français » ', il se fonde sur « l'assertion d'un savant pour dire qu'il y a une langue qui surpasse toutes celles de l'Europe, grec et latin compris, c'est... le russe ». Et il allègue Lomanossof, Chimiste et Poète, en citant l'Epitre de sa Grammaire russe ^
La lutte future eivtre anglais, allemand et français. — La lutte sera entre le français d'une part, l'anglais et l'allemand de l'autre. 11 est remarquable que, tandis que Schwab et Rivarol s'appliquent à étudier l'Angleterre et l'anglais, les autres auteurs des dissertations semblent le considérer comme négligeables. Même en admettant qu'on connût la civilisation, la science et la littérature anglaises, surtout à travers les ouvrages français, on ne semble pas en tenir compte, ni soupçonner la force latente qui se cache là. Le lecteur ne peut que se demander la raison d'un si extraordinaire et surprenant aveuglement^.
Valeur et avenir de l'allemand. — M a un avis très net. C'est l'allemand qui l'emportera ^. B opine dans le même sens ". Il est difficile de ne pas sentir là l'éveil d'un certain patriotisme, dont nous parlerons ailleurs, le premier qui ait existé en Allemagne. En tous cas plusieurs concurrents ont longuement examiné les chances que l'allemand pouvait avoir de prendre place parmi les langues internationales et de supplanter un jour le français.
Eberhard explique longuement les raisons qui ont retardé le génie allemand ''.
Seul D est sceptique. Chacun doit approuver le jugement « bien fondé » de l'auteur de l'écrit « Sur la littérature allemande » (Frédéric 11)'. Est-ce pure flatterie?
Le progrès s'annonce déjà. On parle allemand dans les Cours de Russie et d'Angleterre, dit I. On le parlerait même à la Cour de France, si « la Reine n'avait pas sucé avec le lait des préjugés contre
1. « Pourquoi pas le hollandois, puisque plusieurs Hollandois assurent très sérieusement qu'aucune langue ne surpasse la hollandoise en douceur et en délicatesse » (f° '14« r»).
3. C'est à peine si D fait quelques remarques sur la facilité apparente de la lan^^ue, qui, lorsqu'on veut la connaître à fond, demande une longue étude (f" 165 r°).