CHAPITRE XVII ÉPILOGUES
Dissertations de non concurrents. — Denina, dans un Mémoire sur le caractère des langues et particulièrement des modernes', contesta sur divers point le Mémoire de Rivarol, auquel du reste il s'en prend expressément"-. Il concède, et la chose est à retenir, que, « parmi les écrivains d'histoire naturelle, de politique, d'économie, de tactique, il s'en trouve dans tous les différens Etats d'Italie qui préfèrent d'écrire en François. A Lucques et à Livourne, on a réimprimé l'ancienne Encyclopédie en François, par ordre de matières, avec beaucoup d'additions ».
La cause principale, suivant lui, est que « dans chacune des villes (italiennes) les termes de l'art sont diflPérens » \ Denina ne conteste pas la précision de la langue française *. Ses théories sont les suivantes : L'accent picard (sic), ayant produit « un dégât affreux dans la langue romaine », il fallut (( distinguer les noms par des articles, les personnes des verbes par des pronoms, et arranger les mots en sorte qu'on pût saisir la phrase et le sens. C'est pour cela qu'on s'est accoutumé à placer le sujet ou le nominatif avant le verbe, et c'est là, si je ne me trompe, la véritable cause de cet ordre analytique de construction dont la langue françoise se glorifie » ^ Le fait que blaspJiemare avait donné blâmer a permis de reprendre blasphémer. Les mots ont pris une double forme, source de richesse ".
En outre et surtout : « Depuis qu'on a commencé d'écrire en François, Paris a toujours été la capitale du Royaume, la résidence des Rois et d'un parlement très respectable, et le siège dune université toujours florissante. Les autres villes ont reçu les lois, les ordonnances, les modes, les livres de Paris. Si les Provençaux, les