‹ Histoire de la langue française (volume 2)Chapitre 177 sur 330 · Dijon, L. N. Frontin, 1787, in-1-2, Bib. Nat., X · texte numérisé non relu

Dijon, L. N. Frontin, 1787, in-1-2, Bib. Nat., X

sans malice, que « le sujet a déjà été traité par des gens de mérite ».

Viennois ne l'ignorait pas, mais il ne peut convenir « que cette matière ait déjà été traitée avec succès ». Le Discours de Rivarol, couronné par l'Académie de Berlin, ne lui paraît rien contenir qui puisse expliquer les causes réelles de l'Universalité de la Langue Françoise '. Il le défend contre ceux qui prétendent y avoir trouvé cinq cens fautes de français "^ il estime même qu'il fait plaisir à la lecture et qu'il « ressemble assez aux éloges dont la plupart de nos Académies sont prodigues ». Mais «les progrès qu'a fait la Langue Françoise depuis le temps des troubadours... peuvent être aussi bien attribués à toutes les langues des Nations polies qu'à la Françoise ; sans que pour cela elles prétendent à l'Universalité ; c'est donc ailleurs qu'il faut en chercher la cause ; quant à la question sur l'état futur de cette langue, l'Auteur se tait » ^

Les principes de Viennois ne sont pas faux ; certaines de ses expressions sont même alléchantes, ainsi quand il annonce qu'il va tâcher d'exposer au grand jour cet admirable Esprit de vie, qui se cache si artistement sous l'humble écorce des Mots, des Phrases et des Idiotismes français^. On accepterait qu'il résumât le caractère français « sous les traits peu brillants de Variété et de Vivacité ». Malheureusement, pour les retrouver dans la langue, Viennois les cherche dans une ridicule analyse de l'alphabet, où il n'y a guère que quelques banales observations sur Ve féminin (qui a assez delà douceur du Caractère national)qui soient justes en soi. L'auteur se lance ensuite dans un exposé des « inflexions du verbe », et il en a fini avec la variété de cette langue, qui, « pour l'invention, l'emporte de beaucoup sur l'instinct femelle de la plus coquette Marchande de Modes » !

Quant à la Vii>acité eWe devrait s'appeler Vitalité ou Source de Vie. Une haie vii>e est pathétique, « un mur fût-il de granité, n'excitera tout au plus... qu'une affection sèche et froide... ». Viennois découvre la vitalité du français dans les expressions prépositives, si supérieures aux adverbes, à l'excès au lieu de ejccessivement. Puis il passe aux verbes où il remarque, ce qui en soi est en effet un mérite, les nombreuses formes composées, auxquelles a donné lieu l'emploi de ce qu'il appelle les auxiliaires de caractère : il venait à s éveiller, vous ne faisiez que d'entrer, nous pensâmes nous égarer, il ne laisse

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