‹ Histoire de la langue française (volume 2)Chapitre 178 sur 330 · ÉPILOGUES · texte numérisé non relu

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pas d'a{>ancer, etc. Quelques pages ensuite sur les réfléchis et les impersonnels, et Viennois passe à la phrase, à propos de laquelle il dit plusieurs banalités et surtout lâche diverses extravagances. Le français a de la douceur par ses pronoms, dont aucun n'admet IV (sauf leur), ou encore parce qu'il a substitué Voe (eu), ce précieux e, à Vo latin : que {quod). Il n'a pas l'air de se douler qu'il fait de simples calembours quand, à propos de l'harmonie, il rapproche des accords musicaux les accords grammaticaux, « aussi essentiels à l'harmonie qu'à la clarté ». La Vie lui apparaît dans l'adaptation des pronoms personnels aux matières les plus insensibles : les fenêtres ne se fermeront pas.

Le livre finit à peu près sur cette sottise. Ce n'est rien de plus que l'aberration d'un pauvre grimaud.

Mais voici qui est plus important : Les causes de cette universalité une fois reconnues, on devait, c'était logique, en étudier les conséquences. La question ne donna pas lieu à un concours, mais elle fut posée. On se demanda s'il y avait pour la France et la culture française un avantage à cette prééminence indiscutée de la langue. C'est le sujet d'un Mémoire que Busch, qui enseignait à Hambourg', écrivit, après la lecture du Mémoire de Schwab, comme une sorte de post-scriptum. L'auteur ne contredit point à l'éloge de la France ; il est convaincu que la langue française n'aurait pas au siècle passé atteint le développement auquel elle est arrivée, si la nation elle même qui la parlait n'avait autant précédé les autres nations au point de vue de ses lumières. « Je considère pour tout aussi certain que nul peuple ne peut atteindre au bonheur et à l'honneur de voir sa langue se répandre au loin, si, aux avantaoes d'une culture raffinée et d'une importance politique, auxquelles on doit attribuer une si grande part de la considération de la France, ne s'était jointe aussi une base excellente de ses lumières croissantes » ".

Busch considère comme certain que le développement d'une langue suppose l'accroisssment des lumières d'une nation ^, et qu'une langue perfectionnée favorise les exercices de l'esprit \

Mais les lumières d'une nation dans la connaissance des choses n'ont qu'un rapport très faible avec le développement de la langue. Les grandes idées du dernier siècle ont été exprimées en latin ''. Au

1. Ueber die Frage : Gewlnnt ein Volk in Absicht aaf seine Aufklarung dabei, wenn seine Sprache zur Universal-SpracJie wird (Berlin, 1787).

contraire la vulgarisation des lumières dans la langue agréable de Voltaire n'a contribué en rien à les augmentera Les esprits cultivés se mettent à exposer les conquêtes de leurs devanciers, plutôt que de travailler dans le neuf".

D'autre part un peuple qui n'a pas besoin d'apprendre les langues des voisins tend à s'isoler. Busch anticipe, car les Français de ce temps étaient grands cosmopolites. Il en arrive à conclure que la France risque de perdre à ce succès certains avantages, mais que l'intérêt du monde est qu'il y ait une langue universelle, qui doit être facile, et qui ne saurait être l'allemand.

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