Disc, de récept. à l'Ac. fr., -26 janvier
tiens, affiné par l'art de conserver à la controverse même une allure amicale, de lui donner de l'agrément à force d'esprit et de bonne humeur'. Dans toutes les réunions, les femmes jouaient un rôle essentiel. Elles étaient l'âme des salons. Et les étrangers ne manquaient pas de faire la différence entre elles et les maritornes de certains pays, voire même les grandes dames qu'ils avaient vues dans les Cours et les châteaux, guindées dans leur parure, confites dans leur solennité '.
Ajoutons que ce qui devait prédisposer les étrangers à goûter le charme de la France, c'était l'accueil qui leur était fait. La haute société française, avec une grâce exempte de toute trace de pédantisme, excellait à ménager les amours-propres ^. Sans doute elle éprouvait une certaine vanité à se sentir entourée de l'estime générale. Mais elle la dissitnilait avec soin. Loin d'imposer avec superbe son exemple, elle avait pour ses hôtes une considération qui les flattait. Moore a marqué très finement la différence entre cette réserve et les prétentions que d'autres étalaient.
On imagine bien que, malgré cette séduction, les tares morales de la société française, même quand le dévergondage de la Régence eut pris fin, ne restaient pas inaperçues. Le monde n'a pas attendu, pour les connaître, les « Historiettes », les « Mémoires », les « Chansonniers » et les « Correspondances ». Calomnies, médisances, cancans sur Paris, les Parisiens et les Parisiennes, couraient toutes les routes du monde. 11 est permis de penser que tout cela a au moins autant amusé que scandalisé.
Les censeurs ne passaient point condamnation, vingt passages des études que nous avons analysées le montrent assez, mais le charme agissait quand même, et on ne pouvait s'empêcher d'admirer aussi