‹ Histoire de la langue française (volume 2)Chapitre 192 sur 330 · De Naples, 12 mai 1770, dans Balden., Univ., p · texte numérisé non relu

De Naples, 12 mai 1770, dans Balden., Univ., p

3. M™^ de Genlis a raconté avec quelle attention la maréchale de Luxembourg, qui « avait peu d'instruction », observait les délicatesses du langage. Elle y attachait même « trop d'importance », et « jugeait sans retour » une expression de mauvais goût {Mém.. p. (i3-64).

4. [M"" l'Espinasse] avait formé « un cercle de gens qui n'étoient point liés ensemble. Elle les avoit prisçà et là dans le monde, mais si bien assortis que, lorsqu'ils étoient là, ils s'y trouvoient en harmonie comme les cordes d'un instrument monté par une habile main. En suivant la comparaison, je pourrois dire, qu'elle jouoit de cet instrument avec un art qui tcnoit du génie » (Marmontel, Méin., p. 306-307).

d'une culture qu'on ne pouvait connaître du dehors et de n'en avoir pas médit '.

Pendant que les satiriques de tous pays — la France de Molière comprise — se moquaient des dégénérescences de cette politesse, de la grâce tournée en frivolité, des bienséances déchues en minauderies, des politesses tombant à la mièvrerie et surtout des façons de parler qui n'étalent plus que des formules vides, nos auteurs en général se sont gardés des censures puritaines et des incompréhensions rageuses.

D'autre part, ils n'ont pas, comme Herder, poursuivi de leurs sarcasmes les propos frivoles, ou les jeux d'esprit. Ils eussent pu néanmoins montrer un peu plus comment, par un changement qui est tout à l'honneur de cette époque, les salons non seulement bruyaient de compliments et de réparties, de plaisanteries et de badinages, mais retentissaient aussi de graves discussions sur les questions les plus hautes, qu'on parvenait à mêler à la conversation mondaine, sans lui enlever son aisance ni même son air enjoué. Et ce sérieux sans pédantisme ajoutait singulièrement à l'attrait des réunions les plus distinguées.

Garât a dit très justement en parlant de cette époque de rayonnement : « La capitale de la France était en quelque sorte le grand lycée de l'Europe, et les étrangers même qui pouvaient donner les meilleures leçons venaient en prendre » ^. On remarquera la modestie affectée peut-être, mais courtoise, de cette formule. La France qui donnait des leçons admettait qu'elle pouvait en recevoir. Moore oppose non sans raison celte condescendance à la morgue des panég}'ristes d'Outre-Manche, qui pensaient faire valoir l'Angleterre en opposant son excellence à la misère des autres nations \

Nos MISSIONNAIRES. — En outre, et c'est là sans doute ce qui a

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