‹ Histoire de la langue française (volume 2)Chapitre 201 sur 330 · Disc · texte numérisé non relu

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3. Voir Sherlock., Xouv. lettres d'un voyageur amjlois, pp. 161 et suiv.

-i. C'est à eux que répond de Belloy dans ses Observations sur la langue et la poésie françaises (OEuvres compl.. t. VI, pp. 61 et suiv. ; dans Balden., Univ., p. 19). o. Lett. cril..., trad. de l'ital. Paris, 1759. pp. 129 et suiv. (Id., ib., p. 20).

6. Dissert, sur l'excel. de la l. ital. (Id., ib., p. 21). Toute la dissertation est à lire.

7. L'abbé Desfontaines en convenait en 1733 (Le Pour et le Contre, t. II, n" 24,

\ oir surtout les articles de la Gazette littéraire : « M. Macptierson s'est servi... d'une

par exemple, que la multiplicité des nasales gêne et gâte le chant, sur d'autres points on s'est fortement mépris. Il se peut que l'e muet, quand la musique appuie gauchement sur lui, soit peu agréable, en revanche son rôle dans la langue déclamée a été méconnu ; le nom a trompé sur la chose, on n'a point observé comment cet e prolonge certaines finales, et ce qu'il apporte d'appui à des consonnes sonores qu'il sauve de l'assourdissement. Combien un Turgot, qui, à une compréhension géniale des affaires de rÉtat, joignait un sens rythmique exceptionnel des langues allemande et française, sentait mieux la valeur de cet e sourd, quand il écrivait : « Nous la devrions (cette ressource harmonique) à notre e muet, qui allonge la voyelle avec laquelle il se lie en unissant deux mots lorsque cette vovelle n'est pas longue par ellemême » '. A quoi bon du reste insister sur un sujet qui a été longuement traité dans notre ouvrage"?

La décence. — Il me paraît singulier, alors que tout le monde est d'accord poiir reconnaître au français une « sociabilité » unique, qu'on ne soit point entré plus avant dans l'étude des moyens par lesquels il l'avait acquise. Si les femmes pouvaient se mêler, sans crainte que la pudeur, la décence même fût offensée, à la conversation, et c'est là un fait que tout le monde avait remarqué, — n'était-ce pas qu'une certaine respectabilité s'était imposée à la langue elle-même, parlée ou écrite ?

Il eût convenu d'insister sur cette épuration, ses mérites et ses inconvénients. Voltaire se joue quand, dans son Discours aux Welches (1764), il critique des expressions aussi innocentes que cul-de-sac. Pareille observation, qui, si elle était sérieuse, rappellerait les pruderies ridicules de Bélise, n'a point de portée. Le sens du mot composé était si éloigné d'éveiller l'attention sur un des éléments composants, qu'il fallait quelque dévergondage caché sous des dehors de politesse, pour s'en montrer choqué.

Ce qu'il y avait plutôt lieu de faire, c'était de montrer combien la langue littéraire avait été expurgée de toutes les « ordures » et sublimée au point de ne plus connaître les réalités de la vie.

Prose mesurée, dans laquelle, sans faire violence à sa Langue, il a pu introduire des inversions, des expressions et des tournures nouvelles, propres à donner à son style de la vivacité, de la précision, de l'harmonie, et surtout une sorte de rudesse originale qui convient particulièrement à des Poésies Sauvages ; c'est ce caractère qui est presque entièrement effacé dans notre Traduction. Notre Langue se refuse trop sévèrement à la Poésie de stvlc » (Dissertation île M. Blair sur les poésies ci'Ossian. Gaz. Litt., juillet ■1765, p. 249).'

i. Eclaire, sur la vers, allemande, Œuv., t. I, p. 644.

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