‹ Histoire de la langue française (volume 2)Chapitre 204 sur 330 · Voir cependant F, f»^ U6 vM4T fo ; I, fo^ 119 vM20 r · texte numérisé non relu

Voir cependant F, f»^ U6 vM4T fo ; I, fo^ 119 vM20 r

3. Voir De la Touche, L'art de bien parler français (1696). De nombreuses éditions en furent publiées au cours du xviii^ siècle, depuis 1710.

4. Voir N, f» 90 v° ; I, f» 119 v» ; O, f» 73 r» et v» ; cf. les réserves de G, f» 138 r».

o. Voir Tourneux, Diderot et Catherine II, XIV, p. 443.

6. Mercier, qui ne manque pas une occasion d'exercer sa verve aux dépens de l'Académie française, s'est expliqué plus précisément qu'ailleurs au chapitre cclxxxix de son Tableau de Paris : « Les services que l'académie françoise a rendus à la langue sont foibles, pour ne pas dire nuls. La langue, sans ce corps, eilt fait sans doute des progrès plus rapides et plus audacieux. Quoi de plus fatal que de l'avoir fixée au milieu de tant d'arts féconds en conceptions neuves ? Quoi de plus ridicule que ce ton dogmatique qu'elle prend quelquefois ? Tout en se moquant de la Sorbonne, ne va-

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Mais comment ne pas s'égarer au milieu de ce concert de flatteries qui ne cessaient de retentir, et qui n'étaient que les suffrages de la vanité satisfaite ou les manœuvres de l'ambition? Les élus exaltaient tour à tour comme dans un rite, une grandeur dont partie allait leur revenir, heureux dans leur gloire, comme les idoles d'Homère. Massillon avait donné un exemple éclatant, qui ne fut que trop suivi \ Des membres obscurs aux plus illustres l'encensoir ne faisait que passer, sans s'éteindre.

Voltaire lui-même, qui savait user de l'éloge aussi adroitement que de la raillerie, disait, le jour de sa réception: a Vous eûtes en tous les genres cette foule de grands hommes que la nature fit naître comme dans le siècle de Léon X et d'Auguste. C'est alors que les autres peuples ont cherché avidement dans nos auteurs de quoi s'instruire, et grâce en partie aux soins du Cardinal de Richelieu, ils ont adopté votre langue » -.

La Compagnie avait fini par y croire. La dédicace au Roi du Dictionnaire, en 1762, faisait valoir que l'ouvrage « qui n'eut d'abord pour objet que d'être utile à la nation était devenu un livre pour l'Europe ». Les Registres faisaient état de phrases simplement gracieuses comme celle de Marie -Antoinette : « que les ouvrages de l'Académie avaient rendu la langue française celle de toutes les Cours )) ^

De loin cette institution, dont l'autorité participait en quelque façon à l'autorité royale, à laquelle l'illustration de plusieurs de ses membres conférait un prestige sans égal et une réputation de compétence infaillible, constituée par l'État, juge souverain des mots, chargée de rédiger le code du langage, apparaissait comme un Corps incomparable, grâce auquel l'ordre avait été établi et maintenu, comme il ne l'était et ne pouvait l'être nulle part ailleurs.

Les intrigues qui ouvraient la porte, les cabales et les préjugés qui la fermaient, les difficultés qu'on avait faites à de grands hommes, l'ostracisme qui en avait tenu d'autres à l'écart, la négli-

t-elle pas citant de vieux mots et de vieilles autorités, comme des théologiens qui ergotent sur les bancs ?...

« Ce corps deviendroit utile, s'il secouoit jamais les misérables préjugés qui l'investissent, et s'il osoit adopter un goût diamétralement opposé à celui qui l'anime ; c'est-à-dire, si au lieu d'un ton et" d'une manière locale, qui ressemble à la couleur d'une école de peinture, il appcrcevoit enfin l'immensité de l'art qui exprime la pensée, s'il invitoit, s'il admettoit tous les tons, tous les stvles, toutes les manières, et qu'il sût qu'il n'y a point de règles fixes pour cet art inconnu, qui rend sur le papier la force de nos idées et la chaleur de nos scntimens » (t. III, pp. 304-30t)).

t. -2^2 fév. 1713, OEuvres, t. XIII, p. 429, dans Balden., Univ., p. 7. On trouvera dans cet article de nombreux extraits des Discours de réception.

2. Disc, de réception, 9 mai 1746 ; cf. le discours de l'évéque de Rennes de Vaurial, 2o sept. 1749, dans Balden., Univ., p. 8.

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