‹ Histoire de la langue française (volume 2)Chapitre 213 sur 330 · CHAPITRE PREMIER EN ACADIE · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER EN ACADIE

Au TEMPS DE Lescarbot, — Je ne sais pas sur quoi s'est fondée la légende d'après laquelle Lescarbot aurait fondé sous le nom d'« Ordre de Bontemps » une Compagnie, dont l'idée venait de Champlain, dans laquelle, sous l'ombre d'une cabane, on se serait réuni pour chanter ou dire des vers. Le texte auquel on nous renvoie est très explicite, mais ne dit pas un mot de ces récréations intellectuelles. Il s'agit d'une simple confrérie de « gourmens » — le mot est de Lescarbot — où tour à tour un des quinze associés était l'amphitryon '. Qu'on chantât, cela est possible. Que Lescarbot ait régalé les convives d'un sonnet, voire même d'une ode, il en était fort capable. Pourquoi n'eût-il pas fait là ce qu'il a fait dans une de ses traversées? En tous cas, il n'en est pas question, dans son récit, et aucune des pièces contenues dans Les Muses de la Nouvelle France-, dont plusieurs portent mention des circonstances où elles furent composées, n'est rapportée aux réunions dont nous parlons.

Il est pourtant à noter que ce « colonial » fait allusion à la possibilité d'un établissement des Muses en la Nouvelle-France transmarine et occidentale, pour la conversion des peuples infidèles. Son rêve était sûrement que des « bardes chrétiens portans la Fleurde-Iis au cœur», arrivassent à u instruire et à civiliser ces peuples vraiment barbares » ^

\. Voir Lescarbot, Hist. Noav .-France . liv. IV, ch. xvii.

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