Lauvr., La Trag. d'un peuple, t. I, p. 192 ; cf. p
6. Le R. P. Dagnaud croit qu'il fut entretenu par l'immigration, qui amenait de nouvelles recrues, le contact avec les gouverneurs et les officiers, « dont le langage avait le souci de la tenue et de la correction » (?). II tr ouve des garanties dans l'isolement
EN AGADIE 1053
Quelques traits du fraisçais agadien. — Divers efforts ont été tentés de nos jours pour rechercher ce que pouvait être ce français de l'ancienne Acadie. Le livre de Poirier, Le Parler franco-acadien et ses orimnes\ témoiorne d'efforts très méritoires^. Il est rearettable que l'auteur ait été parfois induit en erreur par des livres périmés.
Le Professeur James Geddes^, très connu pour ses études sur les parlers français dans l'Amérique du Nord, a fait sur ce français des observations très judicieuses, qui en éclairent la vie. 11 a remarqué une différence essentielle entre le peuplement du Canada et celui de l'Acadie. Tandis que dans le premier des deux pays s'établirent volontairement des cultivateurs, à Port-Royal et dans la contrée environnante, à côté de nobles comme Champlain et Poutrincourt, de demi-savants comme Lescarbot, on constate un mélansfe de pêcheurs, d'ouvriers, d'aventuriers, dont certains étaient payés, d'autres même contraints d'accompagner l'expédition. Les colons y vinrent en petit nombre, quatre cents environ en quatre-vingts ans. Ceci explique que le parler français y apparaît comme assez hétéroclite. A côté de formes dialectales, il renferme une partie importante de français proprement dit, dont beaucoup de traits sont nettement vulgaires, et présente une grande ressemblance avec le français parlé aux environs de Paris au xvi' siècle^.
du peuple, « qui favorise la conservation de la langue », et surtout dans la présence des missionnaires, « qui en sont partout les meilleurs gardiens » (Ap. et Déf. de la 1, f. en Acadie, dans Prcm. Congr. Lang. franc. Can., Mém., p. 48).
\. Québec, Impr. française, 1 9*28, in-8".
1. Il sera dans l'avenir extrêmement utile de faire des tableaux comparatifs, où un parler comme le français canadien serait comparé au français de Louisiane ou de Saint- Domingue, par exemple, qui, n'étant pas parti du même point, et n'ayant pas subi les mêmes influences, n'a pas pu présenter un développement identique.
3. Professeur à l'Université de Boston, Les dialectes français dans le parler francoacadien (^Prem. Congr. Lang. franc. Can., Mém., pp. 197 et suiv.).
4. Nous devons cependant faire des réserves sur plusieurs rapprochements.