‹ Histoire de la langue française (volume 2)Chapitre 221 sur 330 · Ib.. p · texte numérisé non relu

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Ecoles de filles. — Les écoles de filles étaient sûrement moins nombreuses encore que celles de garçons, malgré les efforts si méritoires des Ursulines et des Sœurs de la Congrégation '. Dans ces maisons aussi, le français a peut-être été trop souvent en concurrence avec le latin. Sinon, pourquoi eut-on obligé les Sœurs de la Congrégation à se pourvoir de livres en cette langue pour leur enseignement " ?

Maîtres ambulants. — Il faudrait encore, pour se former une idée complète de l'enseignement, pouvoir suivre à la piste les maîtres ambulants. L'abbé Groulx a écrit sur ce sujet, avec son talent ordinaire, une page d'un haut intérêt^: «Que la Nouvelle-France ait eu ses mères de familles, s'improvisant à leurs foyers maîtresses d'école ; qu'elle ait eu ses instituteurs ambulants, allant de paroisse en paroisse, de maison en maison, et y semant les rudiments du savoir, nous le savons de façon certaine. Des paroisses adoptent même cette coutume pittoresque de se prêter l'une à l'autre leurs instituteurs nomades. A cet enseignement ambulant ont voulu s'adonner plus que personne les missionnaires Récollets». «Trois ou quatre Récollets mendiants, écrit B. Suite, allaient de porte en porte dans les paroisses, et y laissaient des lambeaux d'instruction pour prix de l'hospitalité qu'ils recevaient». Et sûrement il est d'autres instituteurs moins nomades : quelques bons curés, par exemple, qui, à leur presbytère, réunissent les enfants du voisinage et leur enseignent la lecture et l'écriture ; et d'autres aussi qui se fixent pour quelque temps dans les « côtes », et, parmi ceux-là, plusieurs de ces vingt-quatre Frères amenés de France par les Hospitaliers de Montréal, avant le milieu du xviii'' siècle, et dont nous savons qu'ils ont fait l'école dans les campagnes ; et aussi ces fils de famille exilés au Canada par lettres de cachet et dont l'un d'eux, Claude Lebeau, nous affirme que, sur dix-huit débarqués dans la

1. Ant. Roy, Lett. Can., pp. 45-47. Sa visite chez les Ursulines a vivement frappé Kaltn : « On nous fit entrer, conte-t-il, dans une chambre remplie de jeunes demoiselles dont les plus âgées pouvaient avoir une douzaine d'années, envoyées là [au monastère des Ursulines] par leurs parents pour apprendre à lire et recevoir l'instruction

religieuse Quand elles savent lire et connaissent leurs devoirs de religion, on les rend

à leurs parents « (^Voyages, p. io3) ; cf. ce que Kalm dit des Sœurs de la Congrégation, religieuses dispersées par groupes de deux ou trois dans les paroisses de la campagne, dont la (c mission est d'élever les jeunes tilles dans la religion chrétie^nnc, de leur apprendre la lecture, l'écriture et ce qui fait partie de l'éducation des femmes » (76., p. 23^2).

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