‹ Histoire de la langue française (volume 2)Chapitre 222 sur 330 · Ant. Roy, Lett. Can., p · texte numérisé non relu

Ant. Roy, Lett. Can., p

3. 0. c, p. 10-11. Encore faut-il ajouter que l'effort dans la capitale même fut tardif. En 1666, sur cinq cent quarante-sept habitants, le recensement ne signale qu'un maître d'école de profession en dehors des communautés (P. G. Rov, Québec, t. I, p 353).

colonie en 1729, deux seulement consentirent à s'engager, les seize autres aimant mieux aller dans les côtes pour y servir de maîtres d'école. Ne serait-ce point la preuve que d'autres leur avaient montré le chemin et qu'en tous cas ils savaient répondre à une besogne pour laquelle on demandait des ouvriers ?

Pour terminer, je dirai ici nettement que j'adopte en gros l'opinion si modérée de Mgr. Gosselin : « Si l'instruction primaire, ditil, ne fut pas universellement répandue au Canada, sous la domination française, il n'en reste pas moins vrai qu'elle l'a été beaucoup plus qu'on ne l'a cru pendant longtemps».

Les résultats. — Encore est-il bon de rechercher ce qu'était au juste cette instruction. 11 n'est pas possible sans cela de mesurer l'action linguistique qu'elle a pu avoir.

Il me paraît inutile d'entrer à fond dans la querelle entre ceux qui considèrent que beaucoup de Canadiens savaient lire et ceux qui affirment le contraire.

Les derniers citent le cas de Michel d'Agneau d'Ouville, fermier du poste de Toronto, relevant du poste de Niagara, à qui l'intendant Hocquart fut forcé de retirer sa ferme en 1729, parce qu'il ne savait ni lire ni écrire '. Mais d'abord on retrouverait en France aussi des ânes bâtés alors chargés de fonctions publiques, et d'autre part le fait se passe en 1729. On a pu ensuite faire des progrès.

On dit également que les Canadiens écrivent en orthographe fantaisiste". Soit! Mais qu'importe? J'ai montré qu'il en était de même en France.

En revanche, je me refuse à suivre les apologistes dans leurs conclusions excessives. Certains vont jusqu'à prétendre que les premiers colons savaient déjà écrire. Par quel privilège exceptionnel ? C'est chose qu'il faudrait prouver par pièces. De même J.-E. Roy déclare que, de 1608 à 1759, sur cent colons des couches moyennes, il n'y en avait pas vingt qui ignorassent l'écriture. Cet espace de cent cinquante ans est bien long. A quels recensements l'auteur s'en est-il rapporté ? Où s'arrêtent les « couches moyennes » ? Combien y a-t-il de gens des centres, combien des « côtes » ? Tout est suspect dans une pareille phrase.

Que des gens n'aient pas signé, cela ne prouve rien du tout, nous atfirme-t-on. Ils savaient le faire, la preuve en est qu'on trouve leur

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