Ant. Roy, Letl. Can., p
les élèves étudient humanités, rhétorique, philosophie' — en latin sans aucun doute. C'est ce qui permettait au Père Joseph Germain de le comparer en 1711 aux bons collèges d'Europe'.
(( Education toute classique, dit Antoine Roy \ Ni histoire, ni géographie, mais du français, un peu de grec, et surtout du latin, beaucoup de latin. La grammaire latine de Despautère était en grand honneur au collège. En quatrième on commençait à faire des vers latins. En seconde et en rhétorique on composait des narrations, des discours, à la manière des bons auteurs ». Je pourrais m'en tenir à cette citation. Elle autorise toutes mes réserves. Je dois cependant remarquer que c'est de sa propre autorité que l'auteur a ajouté le français aux matières enseignées. Pour toutes les autres, il a donné un texte à l'appui, pour le français aucun. Le seul lait que dans les classes de grammaire on suivait Despautère autorise les pires suspicions. Qui dit apprentissage dans ces vers latins qui résumaient les tristes méthodes du début du xvi" siècle, dit exclusion totale du français^.
L'enseignement supérieur ou ce qu'on appelle ainsi, n'est pas à considérer ici ''. Il n'y en avait aucun, car on ne peut pas parler de quelques cours où se formaient des prêtres. On n'a jamais à cette époque enseigné la théologie en français dans les pays catholiques, et, du reste, sur huit cent quarante-trois élèves du petit Séminaire, cent quatre-vingt-dix-huit sont passés au grand, cent dix-huit sont devenus prêtres ^'.
Je mettrai à part les cours de Droit, bien qu'en France on enseignât le Droit en latin, sauf le Droit français, quand Colbert eut exigé qu'on se servît pour cela de la langue nationale. Il est possible qu'au Canada on fût en avance sur la métropole, puisque ni Jésuites, ni Universités n'v étaient pour rien, et que ce furent des magistrats. Collet d'abord. Verrier ' ensuite, qui se chargèrent de cet enseignement (1739). Ce dernier possédait dans sa belle bibliothèque, où il réunissait les élèves, une collection d'auteurs français, de dictionnaires et de grammaires. Les praticiens qu'il a formés, procureurs