‹ Histoire de la langue française (volume 2)Chapitre 230 sur 330 · Hisl. de la Noiiv. France, t. III, p · texte numérisé non relu

Hisl. de la Noiiv. France, t. III, p

4. Voy. et Mémoires, p. 37. Cf. surtout ceci Vatticr, o. c, p. 128. o. Dans P. G. Roy, Québec, t. II, p. 2o9.

.6. 0. c, p. 213(1749). Peter Kalm était professeur d'économie à l'Université d'Abo. 11 arriva au Canada en juillet 1749.

Histoire de la langue française. VIII, 2. 68

Bougainville a fait de son côté allusion au langage du pays, où l'accent est aussi bon qu'à Paris, mais où la « diction est remplie de phrases vicieuses empruntées de la langue des sauvages ou des termes de marine, appliqués dans le style ordinaire » '. Le voyageur, on le sait, est peu favorable aux Canadiens. Il a bien exagéré, en parlant des éléments linguistiques empruntés aux langues sauvages. Mais rabattrait-on sur ce point particulier quelque chose de ses affirmations, la contradiction demeure entre ses constatations et celles que nous venons de rapporter. N'était-ce pas que les hommes parlaient sans doute moins bien? Comment expliquer cette différence? J'imagine, mais j'imagine seulement, que ceux qui nous ont transmis leurs impressions favorables sur les femmes avaient rencontré dans la bonne société des personnes d'élite, formées dans quelque couvent, où des filles venues de France, soucieuses de beau langage, leur avaient communiqué la connaissance et le goût des raffinements. Les hommes, au même âge, entraient dans la vie, et se trouvaient en contact avec toutes sortes de malparlants. Mais je donne cette hypothèse sous toute réserve.

1. Mémoires de 1757, p. 61, dans Ant. Roy, Lell. Can., p. ni.

J'ai dit quelles tribulations furent celles de ces colonies perdues, puis regagnées au cours des guerres marilimes. Je n'insisterai pas sur les effets qu'ont pu avoir dans nos établissements les défaites passagères et les occupations temporaires par des troupes étrangères. Ce n'est pas à dire que ces secousses aient été sans effet, mais les changements linguistiques sont trop lents pour que le langage d'un pays soit troublé par la présence pendant quelques années d'un gouverneur, même accompagné d'un personnel d'administrateurs, de soldats et de marins.

Je signalerai au contraire l'importance qu'eut dans les îles un apport nouveau de Français supérieurs non seulement aux flibustiers et aux boucaniers du premier âge, mais aussi aux trafiquants ordinaires, je veux parler de toute cette noblesse, obligée de réparer sa fortune, mais riche d'honneur et de culture, dont Vaissière a montré le rôle éminent à Saint-Domingue '. En 1763, il y aura, rien que dans la dépendance du Cap, deux cents gentilhommes vivant sur leurs terres. Ils jouent désormais, dans certaines îles, un rôle capital qu'on essaiera en vain de réduire.

A. Ey Louisiane. — Le président de l'Athénée louisianais de La Nouvelle-Orléans, Alcée Fortier'^ a étudié les embryons d'établissements d'éducation qui furent inaugurés par les Ursulines en 1727. Périer, successeur de Bienville, était alors gouverneur. Les pauvres filles restèrent longtemps seules chargées de la tâche. Aucune école de garçons ne fut fondée pendant la domination française. Les colons assez riches pour cela envoyaient leurs enfants en France. On n'eut pas à détruire les écoles de Jésuites en 1762: il n'y en avait pas.

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