‹ Histoire de la langue française (volume 2)Chapitre 231 sur 330 · S'-Dom., ch. II, pp. 93 et suiv · texte numérisé non relu

S'-Dom., ch. II, pp. 93 et suiv

2. Ed. J. Fortier, qui a traité des Lettres françaises en Louisiane (Prem. Congr. lang. fr. Gan., Mém., p. 486), est le fils d'Alcée.

En revanche, il paraît certain que le caractère français de notre établissement fut sensiblement renforcé par l'arrivée de certains colons. Si les Allemands gardèrent leur langue, ce qui est vraisemblable, les deux ou trois mille Acadiens qui s'établirent en 1760, puis ceux qui arrivèrent de Nantes et de Bretagne un peu plus tard, contribuèrent puissamment à enraciner le français. C'était pour lui un renfort inestimable.

B. A Saint-Domingue. L'instruction. — Elle se répandit quelque peu, nous en avons des indices. Le couvent des Filles de Sainte- Marie, établi au Cap-Français en 1723, continuait son œuvre. D'autres établissements aussi prospéraient. Toutefois, si on feuillette les Affiches de l'île, où Ion trouve des annonces adressées aux familles, on s'aperçoit qu'il n'v a pas grande concurrence des maîtres.

C'est presque toujours le même Sieur Alquié, qui, très moderne, encombre la feuille de sa réclame'. Il se donne comme professeur de littérature et de latinité et il l'est réellement. 11 a été « privilégié » par arrêt du Conseil Supérieur du Cap du 12 avril 1766. Il semble avoir eu quelques doctrines pédagogiques propres; il a bien soin de faire valoir aux lecteurs des Affiches qu'il se propose de renvoyer à l'âge de dix ans l'étude du latin : « les années antérieures se passeront à étudier notre langue maternelle » -. Ceci mérite d'être souligné. Sa maison non seulement a un maître d'écriture, autant qu'on peut en juger, elle ressemble à un vrai Collège. Les élèves figurent dans des exercices publics. Eu 1766 ils représentent L'Z:/2fant prodigue de Du Cerceau et Crispin médecin^. Nous voilà loin des maisons où on ne s'attachait qu'à la formation du clergé*.

Pourtant, même en admettant que l'établissement tînt ses promesses, il ne pouvait en aucune façon suffire, de sorte que Moreau de Saint-Méry, témoin informé et irrécusable, était endroit de porter sur l'enseignement un peu élevé de l'île une appréciation fort sévère: « on déplore, dit-il, de la voir [la Colonie] sans un seul établissement propre à donner de l'éducation à ceux des enfans que la fortune de leurs parens ne permet pas d'envoyer en France »,

t. Le Sieur Louis Alquié, professeur de littérature et de latinité au Cap, annonce qu'il prend des pensionnaires (iOOO livres) (^Avis divers et Petites AJJiches, 8 mai 1765, n» 19, p. 166-1(37).

"1. Supplément aux Afficlies Américaines du :i!9 janvier 1766.

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