‹ Histoire de la langue française (volume 2)Chapitre 232 sur 330 · Voir Avis et Aff. du l^-- oct., p · texte numérisé non relu

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4. Tel le collège des Jésuites établis à Pondichéry. Depuis 1689, ils enseignaient à quelques petits Français ou Portugais. Mais ils ne les préparaient guère qu'à l'état ecclésiastique, si bien qu'on voit, le 22 janvier 1730, le Conseil Supérieur constater que les colons et les fonctionnaires sont décidés à envoyer leurs enfants en France pour qu'ils Y reçoivent l'instruction qu'on ne leur donne pas sur place (Rev. d'Hisl. col., 1923, t. XI, p. 312).

Sans doute il y a dans ses regrets une part d'illusion sur l'effet qu'aurait une « institution publique » bien organisée, et on trouve à l'écho des grandes voix des économistes et des politiques d'Europe. Il faut pourtant retenir cette phrase qui nous intéresse directement : « Avec l'instruction viendrait la politesse, l'urbanité; les mœurs se poliraient... l'habitant qui pourrait s'instruire dans la physique, les mathématiques, l'agriculture, la botanique, et même dans cette langue qui fait connaître tant de cliefs-d' œuvres, serait plus utile, considéré comme manufacturier, comme chef d'un nombreux atelier » '.

La partie aisée de la population, suivant un usage déjà ancien, et qui s'étendit de plus en plus, remédiait au défaut d'organisation en envoyant les enfants compléter leur éducation en France. Mais cette éducation elle-même était fort mal adaptée aux besoins de gens appelés à vivre de la vie coloniale, comme de Wimpffen l'a fortement marqué^.

Les projets mômes qui étaient nés dans certains esprits confirment cette opinion. La Bibliothèque Nationale conserve en manuscrit le projet du procureur général du Conseil Supérieur de Port-au- Prince, M. de La Mardelle, qui demandait l'organisation en France d'une école appropriée aux besoins de ces enfants de nos possessions d'outre-mer ^ Il est fort intéressant, ce collège tout moderne, et inspiré des idées pédagogiques du xviii* siècle, il ofTre le type accompli d'une maison d'éducation où rien de ce qui pouvait former ces jeunes gens physiquement, intellectuellement et moralement n'était négligé, pas plus la natation que la musique, l'équitation, le dessin. La langue, comme on pense, occupe dans le programme, affranchi de la superstition du latin, une place d'honneur. Ainsi l'auteur traite de la première classe (p. 67-69). Il veut qu'on y étudie uniquement les principes de la langue française. On mettra ensuite seulement l'enfant au latin.

Dans la neuvième classe, il apprendra l'anglais, non seulement pour le traduire, mais pour le parler. Dans la onzième (à dix-neuf ans), il y aura trois divisions : militaire, légiste, négociant. Chez les légistes les études se feront en français et auront pour objet le droit français.

i. Descriplion... de la partie franc... de S'-Dominyue. t. I, p. o4o-o46

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