octobre 1766, p
3. Dès le numéro du 6 juin 176i, un correspondant plaidait pour cette transformation : Une colonie naissante est assez à plaindre pour ignorer le mérite des Sciences... « On se livre à l'urgent, ensuite au commode, enfin à l'agréable et même au superflu. Une Colonie qui peut être considérée comme une des plus belles et des plus riches possessions de la France, ne peut être privée plus longteras des Sciences et beaux Arts par plusieurs raisons h (p. 150).
5. Le mercredi 16 mai 1764, p. 13'2, la Gazette annonce les Dictionnaires de Trévoux, et de Moreri.
6. L'Imprimeur des Avis dloers et Petites Affiches Américaines vendait aussi des livres (voir Auis divers. 17 avril 1763). Parmi les livres du S'' Marie, mis en vente le mardi 19 février, qui sont très variés, je note la présence de la Grammaire de Restaut et de diverses Rhétoriques dont la Rhétorique des Demoiselles.
7. Un de ses membres, de la Haye, lui dédie, en 1789, la Florindie, très beau manuscrit orné de planches coloriées représentant les végétaux de la « Torrida ».
Manuel des habitans de Saint-Domingue \ Et l'Américain répond : Il y a quatre salles de spectacle assez jolies ; la première est au Cap-Français, la seconde au Port-au-Prince, la troisième à Saint- Marc et la quatrième aux Caves.
Le très regretté Tramond a raconté de la façon la plus intéressante, à la Société de l'Histoire des Colonies françaises, la naissance du théâtre dans l'ile - : Dès 1740, les colons du Cap-Français (aujourd'hui Cap-Haïtien) avaient formé une Société dont les membres se réunissaient dans une salle pour y assister à des représentations publiques. « Il y eut bientôt soixante actionnaires ; chacun dirigeait la Société à son tour. Les premiers acteurs furent des amateurs, mais on ne tarda pas h faire venir de France des professionnels, et l'on bâtit un théâtre sur la place du Cap-Français. L'entreprise était toujours en déficit, mais ceux qui la dirigeaient avaient la satisfaction d'encourager les Arts \
« En 1743, on confie la direction du Théâtre à un entrepreneur nommé Fontaine, et l'on construit une belle salle qui mesure cent vingt pieds sur quarante et possède trois rangs de loges. Le commandant de la colonie et l'intendant ont chacun leur loge particulière, et le conseil souverain a également la sienne. x\u parterre, il y a des fauteuils et des banquettes, dont le premier rang est réservé aux otfîciers de l'état-major, et en haut se trouve un amphithéâtre. Les gens de couleur sont admis bientôt, aux places supérieures ; puis, à partir de 1766, on leur ouvre quelques loges du troisième rang, en les séparant suivant leur nuance, les mulâtresses étant placées à un rang plus honorable que les négresses leurs mères. Comme on disait alors, l'ébène va d'un côté, le cuivre de l'autre. Dans la salle, on voit des costumes fort élégants. Chaque dame est accompagnée dans sa loge par un cavalier qui ne doit jamais être son mari. On cause un peu trop pendant le spectacle, et la police de la salle, confiée à l'autorité militaire, est assez difficile. Les représentations sont fréquentes : on en donne au moins deux par semaine et tous les jours aux jours gras, et le théâtre ne fait relâche qu'au moment de Pâques » '". On a compté un jour jusqu'à cent trente Dames présentes. Les créoles avaient la « fureur de la tragédie », paraît-il, fûtelle un peu défigurée. 11 est plus intéressant de noter qu'un acteur, nommé Clément, put y mettre sur la scène une pièce du cru : Le Lundi du Cap ou les Recouvrements, et qu'il réussit à intéresser le
i. T. II, p. 80, art. XXI.
:2. Rev. de l'Ail, franc., janvier 1931, p. "27. Cf. Vaissières, S'-Dom.. pp. 333 et suiv.
3. Voir les détails donnés par Moreau de Saint-Mérv, o. c, t. I, p. 346.