‹ Histoire de la langue française (volume 2)Chapitre 247 sur 330 · Miss, de S' Fr. Xavier, Miss. Can., t. Il, p. o · texte numérisé non relu

Miss, de S' Fr. Xavier, Miss. Can., t. Il, p. o

Les interprètes dans la vie civile et administrative. — L'administration civile aussi, les chefs militaires, tout comme les trafiquants, avaient besoin, il ne vaut pas la peine d'y insister, de relations verbales avec les indigènes. Charlevoix a remarqué, dans une phrase digne d'un chef, le rôle que peut avoir un homme d'intelligence et de caractère muni de la connaissance de la langue du pays : « La seule présence, dit-il, d'un Homme, respectable par son caractère, qui entende leur langue, qui puisse observer leurs démarches et qui scache, en gagnant la confiance de quelques-uns, se faire instruire de leurs desseins, vaut souvent mieux qu'une Garnison » '.

En dehors des circonstances solennelles, dans les contacts qui étaient sinon quotidiens, du moins fréquents, la connaissance des langues était de nécessité.

Les faits, quel que soit le pays ou l'époque que l'on considère, parlent d'eux-mêmes. Nous aurons à revenir plus loin sur les tractations qu'eurent au xvi" siècle Satouriova et le capitaine Gourgues. Elles ne furent possibles que grâce à un jeune Français, nommé Pierre Falèze "^, au service du cacique.

Quand Champlain revint chez le chef Tessouat, en 16lo, il avait avec lui le Récollet Joseph Le Caron et l'interprète Brûlé '\ On connaît les noms de neuf de ceux qui l'ont servi dans ce rôle avant 1629. C'est par eux qu'il arrivait à se faire renseigner sur les particularités du pays qu'on venait explorer, ses forces, ses ressources, ses dispositions *.

Commençons par les simples réceptions : ^L d'Ailleboust, arrivé le 20 août 1648 à Québec, les Sauvages lui font une harangue, le P.Lalemant la traduit'. De même lors de la réception que M. de Tracy accorde à un chef huron (1664-166o). Lors du festin donné aux Sauvages hurons et algonquins (le 22 juin 16o9), les « toasts » se mêlèrent aux chants. Un Jésuite les mettait en français''.

Passons aux négociations. Un conseil huron se tient à Québec, en 1633. Les chefs haranguent Champlain, et celui-ci harangue les chefs. Le P. de Brébeuf, grâce à sa connaissance du huron, sert d'intermédiaire '. Les Iroquois viennent proposer la paix (16.j3). 11

•l. Nouv.-Fr., t. IV, p. H'dS (tT"23). 11 faut voir dans l'Histoire de l'Amérique Septentrionale de Bacqueville de la Poterie, le rôle immense que joua un Perot, qui haranguait les sauvages. Une foule d'autres exemples corroborent celui-là. Il arrivait mémo, comme ce fut le cas de Juchereau de Saint-Dcnvs, que l'on rendit service à des Espagnols (P. G. Roy, Québec, t. II, p. 74).

Page 1