‹ Histoire de la langue française (volume 2)Chapitre 248 sur 330 · LES INTERPRÈTES · texte numérisé non relu

LES INTERPRÈTES

V a palabre. Chacun fait ses conditions. M. de Lauzon traite par l'intermédiaire d'un truchement'. En 1668, M. de Tracv reçoitune ambassade des Hurons ; il leur répond par le moyen d un interprète '.

Quand la paix se négociait avec les Sauvages, c'étaient les missionnaires qui portaient la parole au nom du gouverneur. Ainsi, dans la grande Assemblée de 1701, à Québec, les Abénaquis furent harangués par le P. Bigot, les Hurons par le P. Garnier, les Iroquois par le P. Bruyas, les Outaouais et les Algonquins par le P. Angelran. 11 y avait à cela deux raisons : la première, c'était que les missionnaires parlaient presque seuls toutes les langues indiennes; la seconde, qu'ils avaient, par leur caractère et par leurs services, la plus grande autorité parmi les tribus ^

Venons enfin aux jugements : En 1664, il s'agit de faire son procès à un Sauvage, accusé de tentative de viol, Robert Huche. Les chefs sauvages présents à Québec, un Algonquin, un Sauvage de Tadoussac, un Népissérien, un Iroquet, un Abénaqui, viennent siéger au Conseil souverain. On leur présente l'accusation dansleurs langues, on débat, il est mêmeconvenu sur la demande des Sauvages que la décision — indulgente — sera mise par écrit^, enlangues sauvages vraisemblablement. Qu'eùt-on fait, dans cette Babel judiciaire, sans le concours des P. P. Druillettes etNic, Marsollet ?

Bref, les services rendus en Amérique aux gouverneurs comme aux simples chefs de poste parles interprètes ont été notés par tous les auteurs de relations.

Interprètes d'origine française. — II est hors de doute que beaucoup de ces interprètes étaient des Français, qui avaient appris les langues sauvages, par conséquent ils n'intéressent pas cette Histoire".

•1. P. G. Rov, Québ.. p. -22o--226.

-2. Id., ib., Ll, p. 340.

3. ML<s. Can... \ppend., t. II, p. 347 : Les Missions au point de vue religieux, politique, et scientifique.

Encore en 174S. grâce à l'intermédiaire de M. de Joncairc, de la Galissonnière peut négociera Québec avec une délégation iroquoise (P. G. Rov, Québ., t. II, p. 187-188).

Page 1