‹ Histoire de la langue française (volume 2)Chapitre 274 sur 330 · i\e(/r. et Négr., pp. 10:2 et suiv · texte numérisé non relu

i\e(/r. et Négr., pp. 10:2 et suiv

2. Mulâtre est un mot espagnol : mulalo (mulet), altéré sous l'influence du suffixe âtre (qui a du reste dû souvent se prononcer aie). Mulâtre est inconnu à Cotgrave Monet. Oudin, dans la partie espagnole française de son Dictionnaire, en 16io traduit encore l'espagnol nuilatos : ce sont des demy-mores, enfans qui sont engendrez d'un blanc et d'une Morosse, ou d'un More et d'une blanche et sont de couleur olivastre ». Suivant Furetière, qui ne connaît ces choses que par les récits des voyageurs, les « relations », comme il dit, mulâtres est un nom qu'on donne aux Indes à ceux qui sont fils d'un Ncgre et d'une Indienne, ou d'un Indien et d'une Nègre. A l'égard de ceux qui sont nés d'un Indien et d'une Espagnole, on les appelle Métis et on appelle jamboo, ceux qui sont nés d'un Sauvage et d'une mestice. Ils sont tous différents en couleur et en poil. Les Espagnols appellent aussi mulates. les enfants nez de père et de mère de différente Religion, comme d'un More et d'une Espagnole ; ou au contraire. Ce mot est une grande injure en Espagne, et est dérivé de mulet, animal engendré de deux différentes espèces. O A. 1694. Mais Th. Corneille a copié Furetière, Trévoux en fait encore autant. A. 1740 ignore encore le mot, mais A. 1762 le note : Il se dit en parlant de ceux qui sont nés d'un nègre et d'une blanche, ou d'un blanc et d'une négresse. Id. A. 179X. Féraud (qui préfère mulâtre à mulat. comme l'A.) le définit : Qui est né ou née d'un nègre et d'une blanche (ce qui est assez rare), ou d'un blanc et d'une négresse, ce qui est très commun. Il ajoute : Plusieurs au féminin disent mulâtresse.

.3. Hist. ijén. Anl., t. II, p. all-oI2. Quant aux affranchis, s'il faut en croire les chiffres de Moreau de Saint-^léry, on en avait recensé, en 1703, cinq cents à Saint- Domingue. En 1713 ils étaient quinze cents, en 1770 six mille, en 1780 douze mille, en 1789 vingt-huit mille (o. c, t. I, p. 69).

4. Description... de... S'-Dom.. t. I, pp. 71 et suiv. Sur la vie de l'auteur, voir de curieux détails dans Schinz, La librairie fr. en Amérique au temps de Washimiton, R. H. L., p. 569 et pass. Moreau de Saint-Méry était créole, étant né à La Martinique, en 1750, d'une famille du Poitou.

Certains mulâtres ont fait figure dans notre histoire. Il n'est que de citer le général Alex. Dumas (Alex. Davrydela Pailleterie), fils naturel du Marquis et d'une négresse — né à Jérémie (Saint-Domingue), le 25 mars 1762 ( -|- 1806), engagé à quatorze ans dans les dragons de la Reine. Son fils et son petit-fils ont porté ensuite glorieusement son nom dans les lettres françaises '.

i. Voir Mathorez, o. c, t. I, p. 40i.

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