‹ Histoire de la langue française (volume 2)Chapitre 283 sur 330 · L'article a disparu · texte numérisé non relu

L'article a disparu

Néanmoins de certains rapprochements il reste quelque chose. Des faits qui précèdent, et une analyse des créoles parlés ailleurs qu'en Guyane donnerait des résultats très analogues, on peut conclure, semble-t-il, qu'il n'y a pas eu mélange. Ces parlers ne sont pas des langues mixtes, des mulâtres linguistiques ; ce sont des dérivés, des provignements du français. Toutefois leur formation n'a pas eu lieu indépendamment des langues que les nègres avaient apportées d'Afrique. On ne peut pas tout expliquer par elles, on ne doit pas tout expliquer sans elles. Ces langues n'ont peutêtre pas fourni grand'chose ni du matériel ni de la structure des formes ou des phrases. Si leur action positive n'a pas été très grande, leur action négative doit sans cesse entrer en considération. Elles ont déterminé la puissance de comprendre la langue européenne, en limitant et dirigeant cette compréhension, et par suite elles dominent tous les abandons qui ont mutilé le français et les substitutions qui en ont reconstitué un autre.

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