‹ Histoire de la langue française (volume 2)Chapitre 29 sur 330 · Id., ih., p · texte numérisé non relu

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4. De 1764 à 178411 se publia à Amsterdam une Gazette litléraire (réimpression avec compléments du journal de Suard et Arnaud, 120 vol, in-12).

5. L'Europe savante n'avait duré que trois ans ; cinq ans plus tard van Effen publiait seul Le Nouveau Spectateur français, qui n'eut que 18 numéros. L'année suivante, il entreprenait l'Histoire littéraire de /'Europe (Hatin, Hist. Presse, t. II, p. 302-303).

La Critique désintéressée des journaux de François Bruvs (1730) ayant été supprimée, l'auteur partit pour Londres, où il publia le Postillon, qu'il transporta ensuite à Cologne et à Neuwied (1733-1736). Les Lettres sérieuses et badines sur les Ouvrages des savants et sur d'autres matières (1729, 8 vol. in-8"), ayant été supprimées en 1731, l'auteur créa à Francfort en 1739 les Amusements littéraires (3 vol., Hat., Bibl., p. 58),

Mais je ne connais pas d'avatars plus nombreux que ceux de la feuille qui fut d'abord Le Courrier véritable des Pays-Bas (1649), puis devint Les Relations véritables ou Gazette de Bruxelles (4632), puis La Gazette de Bruxelles (1741), puis La Gazette française des Pays-Bas (1759) et enfin après le 13« numéro La Gazette des Pars-Bas (Hat., Bibl., p. 90).

française. Parmi eux beaucoup de descendants de Huguenots', ou de Français, qui, traqués dans leur pays par la police, allaient mettre leur haine et leur verve en sûreté. On compte pourtant parmi les gazetiers, un certain nombre d'étrangers, comme de Lizern, créateur du Journal de lecture (177S)".

Dans ce siècle essentiellement cosmopolite la pensée ne s'arrêtait point aux frontières. La société européenne dont avait rêvé l'abbé de Saint-Pierre se constituait dans le domaine intellectuel, inspirée — avec bien des différences — d'un même idéal politique, économique, artistique. La presse le servait à sa façon. Pour exercer ce ministère, elle avait tout avantage à se servir de la langue de communication la plus répandue.

Certains l'ont marqué expressément. Les auteurs de la Bibliothèque italique, pour justifier leur dessein, expliquent que les libraires italiens ont peu de relations au dehors, que leurs livres sont chers, et qu'en général l'ignorance de l'italien est trop commune ^.

Il y a des faits aussi, et qui parlent. Michel de La Roche, un Réfugié, avait commencé par donner en anglais des Memoirs of Literature. 11 abandonna ensuite la forme qu'il avait d'abord choisie, pensant qu'il aurait plus de succès avec un journal en français ''^; il créa donc la Bibliothèque anglaise^ qu'il commença à imprimer à Amsterdam.

Mais, même quand les auteurs n'ont pas explicitement déclaré pourquoi ils ont choisi la langue française, les raisons qui les ont déterminés apparaissent souvent avec netteté. Ils pensent que c'est moins la France qui leur fournira "^ une clientèle que l'Europe francisée et ce serait une erreur de croire que le choix de la langue se réglât uniquement sur leurs habitudes propres de langage et sur leurs commodités. Il s'inspirait surtout de ce qu'on savait des dispositions et des capacités du public. Admettons que longtemps des articles français ne touchèrent pas certains savants, qui en étaient encore au latin ; en tous cas ils étaient accessibles à cette masse de lecteurs des Cours, du monde, de la bourgeoisie, dont l'impor-

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