CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
maîtres du pays, nous ne sommes pas faits pour apprendre celle d'une peuplade de quatre-vingts à quatre-vingt-dix personnes, qui demain se dégoûteront et s'en iront en Louisiane, et qui feront bien » '.
Mais d'où venait cette attitude des Français ? Simple entêtement, fidélité aux habitudes, paresse, ou bien dédain du voisin et du mailre, répulsion pour ceux qu'ils s'obstinaient à considérer comme des étrangers ?
Bien des recherches sont encore nécessaires, pour nous fournir des données qui nous éclairent sur la psychologie des colons. Les précisions nous manquent à peu près totalement ; nous n'avons guère, à vrai dire, connaissance que des faits subséquents ; le moyen de voir se préparer au cours du xviii* siècle l'état actuel nous fait presque complètement défaut. Mon lecteur ne devra donc pas s'étonner de trouver si vide une étude qui devrait être riche de faits précis, dont de moins ignorants que moi et qui sont sur place pour s'informer, arriveront sans doute à démêler quelques-uns. L'exemple des Canadiens, si passionnés pour ces recherches, est à suivre.
i. Volney, Tableau.,., t. II, p. 403.