‹ Histoire de la langue française (volume 2)Chapitre 300 sur 330 · Réf. hug. Amer., p · texte numérisé non relu

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3. La piété de leurs descendants ou celle des Américains a suscité depuis quelque temps un nombre considérable d'études. On a remis au jour les noms de ces malheureux, suivi l'histoire de leurs familles, du développement de leurs affaires, l'établissement, la disparition de leur église et de leurs communautés (Voir principalement Baird (Gharl. ^^ .), Hist. des Réf. Hug. en Amérique. Chinard a donné un excellent résumé de toutes les recherches dans Les Réfugiés hug. en Amérique. Une ample bibliographie est jointe à chacun de ces livres. On lira aussi avec fruit le livre de Jacq. Pannier et Gust. Mondain, L'expansion française outre-mer et les protestants français, publié à l'occasion de l'Exposition Coloniale (Paris, Soc. des Miss. Evangél., 1931).

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Sud, en Virginie et en Caroline du Sud. On trouvera dans le livre de Baird les noms de ces Réfugiés et leur provenance \

Boston était depuis longtemps en rapports avec La Rochelle. Dès 1682, on y prêchait en faveur des calvinistes, pour lesquels les Puritains avaient une particulière sympathie. Il fallut bientôt quêter, car des groupes de fugitifs arrivaient successivement, centcinquante familles d'un coup, dit-on.

New Oxford était sur une piste indienne allant de Boston rejoindre le Connecticut ; des Poitevins y furent établis par Bernon, dans une vallée au milieu des solitudes, avec leur pasteur, qui faisait le culte en français. Leur vie paisible n'était troublée que par des incursions d'Indiens, peut-être encouragées ou provoquées par les Jésuites du Canada. Un massacre véritable chassa ces pauvres gens de leurs plantations.

L'histoire de Frenchtown est aussi brève et aussi lamentable. Ce sont encore des Poitevins, arrivés à Boston en 1688, qui en furent les victimes. Ils devaient être établis dans la baie de Narragansetts. Pierre Ayrault, médecin, et le ministre Carré les accompagnaient. Ils se mirent à l'œuvre, construisant, défrichant, arrivant à faire du « claret ». Cette fois ce furent les fermiers anglais du voisinage qui vinrent s'emparer de leurs récoltes. La guerre de la France et de l'Angleterre attisait les haines qu'éveillait la jalousie. Frenchtown fut détruit et les colons dont les droits étaient niés se dispersèrent pour la plupart. Les protestations n'y firent rien, et Boston, New York recueillirent les débris de la colonie '.

A Boston, centre de débarquement des émigrants, la vie fut plus calme; malgré des discussions. Mais le commun des Huguenots ne s'y implanta guère. Ils quittaient l'agglomération pour s'établir au dehors comme agriculteurs^. Bonrepos, venu de Saint-Christophe, Boudet, Ezéchiel Carré y prêchèrent. Le zèle fraternel des protestants anglais fut sollicité. Pierre Daillé, antérieurement professeur à Saumur, quittant New York, vint apporter à ses coreligionnaires l'appui de son autorité et de son talent. Une église fran-

1. Je négligerai les colonies huguenotes des Antilles, fondées à la Tortue, à la Guadeloupe, à la Martinique, à Saint-Martin, à Saint-Eustache, à Tabago (lioll.), à Saint-Christophe, surtout, sur lesquelles on pourra consulter l'ouvrage de Baird, ch. m, pp. 159 et suiv. Les Huguenots y ont joui d'une liberté relative pendant cinquante ans. Mais les restrictions de liberté d'abord, les interdictions ensuite, les chassèrent de leurs résidences.

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