‹ Histoire de la langue française (volume 2)Chapitre 305 sur 330 · CHAPITRE III LES RÉFUGIÉS SE METTENT À L'ANGLAIS · texte numérisé non relu

CHAPITRE III LES RÉFUGIÉS SE METTENT À L'ANGLAIS

Exemples ?!Oto(Res. — Une des conditions de la fusion était que les Réfugiés se missent à l'anolais. L'exemple, bien entendu, vint d'en haut. Ceux d'entre eux qui ont joué un rôle économique considérable, un Bernon, un Philippe l'Anglais^, ne pouvaient parvenir à cette situation et à cette autorité qu'à condition d'entrer en relations avec les gens du pays. On pourrait presque dire que la grandeur de leur puissance financière était en raison directe de l'extension des rapports qu'ils entretenaient et se trouvait par conséquent subordonnée à une concession essentielle : l'apprentissage et l'usage de l'anglais. Comment sans cette condition un Baudouin — devenu Bowdoin — aurait-il pu être président du conseil de gouvernement et président de l'assemblée constituante en 1779"?

Pierre Faneuil a laissé son nom à un monument historique cher aux Américains, puisque c'est dans un bâtiment reconstruit sur la place de celui qu'il avait donné à Boston — auquel par reconnaissance on conserva son nom primitif « Faneuil-Hall » — que fut proclamée l'indépendance des Etats-Unis ^ Lui aussi parlait anglais, tout en conservant l'habitude de prier en français^.

Derniers fidèles. — Sans doute ce sont là les chefs et on voudrait savoir, ce qui naturellement est impossible, comment pensait et sentait le modeste troupeau, d'autant plus qu'une cause, qui a généralement une grande force, ne semble pas avoir beaucoup accéléré le mouvement, je veux parler des croisements avec les Anglais et

1. Philippe l'Anglais avait commencé par être domestique ; il arriva à posséder 21 vaisseaux et nombre de maisons (Chin., o. c, p. 3i-32).

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