‹ Histoire de la langue française (volume 2)Chapitre 306 sur 330 · Baird, o. c, p · texte numérisé non relu

Baird, o. c, p

4. Il commande à Londres un Prayer book en français pour son usage personnel (Chin., 0. c, p. 140).

les Hollandais. Il v en eut, particulièrement à Boston', mais ils ne paraissent pas, au début au moins, avoir été très nombreux.

On nous a fait le tableau touchant du vieil exilé qui, tourné vers la France, pleurait en chantant le triste psaume CXXXVII :

Estans assis aux rives aquatiques

De Babvlon, plorions melancholiques,

Nous souvenans du pays de Sien -.

Ailleurs, c'est un exilé, modeste jardinier du Prince d'Orange, d'abord émigré au Brésil, qui vivait près de New York, à Staten Island, au milieu de ses enfants et de ses petits-enfants, et qui sauta de joie en recevant des étrangers qui pouvaient lui parler français^. Nul doute que de pareilles scènes durent se renouveler et qu'en général, là comme partout, la première génération a gardé l'amour de lidiome maternel.

Les faits de cet ordre, qui sont nombreux, en disent long. Ils attestent même que les Huguenots entendaient transmettre le français à leurs descendants. Gabriel Bernon, dont jai déjà parlé, qui avait le tempérament d'un capitaine d'industrie des temps modernes et qui avait fui le Canada '*, puis reconstruit une « La Rochelle française )), entendait que le français s'y perpétuât. A la femme anglaise, Mary Harris, qu'il avait épousée en secondes noces, à l'âge de soixantesept ans, et aux enfants qu'elle lui donna, il enseigna sa langue naturelle, allant jusqu'à composer pour les siens des vers où la saine doctrine tenait lieu de talent \ Pierre Daillé, l'ancien professeur de l'Académie de Saumur, s'était — nous l'avons signalé — rallié à l'Angleterre ; il n'en tenait pas moins à sa langue. Il légua ses livres latins et français à son église et une petite somme au maître d'école français ^.

Les (( Palatins », c'est-à-dire les gens de New Pfaltz, avaient nommé un maître d'école, Jean Tébenin. H n'y a aucun doute sur la façon dont il entendait accomplir sa mission, puisqu'on le voit léguer sa bible française à l'église, avec injonction de la vendre au profit des pauvres, si jamais le français cessait d'être enseigné'. New Rochelle fut une forteresse comme La Rochelle l'avait été en France ; beaucoup de Rochelois du reste l'habitaient. Longtemps

\ . Ghin.. 0. c. p. 57.

^i. Id., ib., p. 168.

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