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Histoire de la langue française. VIII, 2. 7o
qui se réunissait pour parler français et s'entretenir des choses de France'. Mais en J729 Burnet meurt et le Club avec lui. Langloiserie doit gagner sa vie. Il demande et obtient la permission d'ouvrir une école où il enseignera les rudiments du français.
Trois ans plus tard, le bruit se répandit que le Collège de Harvard cherchait un professeur de langue française. Ce n'était pas tout à fait exact, car le français ne faisait pas régulièrement partie du Curriculum. a En réalité, écrit Le Breton, la Faculté était disposée à accorder à un individu de son choix la permission d'enseigner le français à ceux qui désiraient l'apprendre ». Langloiserie fut désigné, mais on spécifia — avec d'autres choses — qu'il devrait choisir pour ses « Instructions » des heures telles qu'elles n'empiéteraient sur (( aucune des Heures d'études ou des Exercices du Collège ».
Malheureusement Langloiserie ne se contenta pas d'enseigner le français. Bientôt il exposa des doctrines religieuses qui lui étaient personnelles, en sorte qu'il fut renvoyé et qu'il ne fut point remplacé jusqu'en 1746, où un nommé Gardner est censé avoir enseigné le français pendant deux ans ". L'insuffisance de renseignement rendait l'étude du français difficile à ceux-là même que les préjugés ou la propagande anglaise n'en avait pas détournés par avance.
Le résultat est caractéristique : quand les officiers de l'armée et de la marine françaises vinrent à Boston au moment de la Révolution, la conversation avec les autorités anglaises dut se tenir en latin '\
L'état d'esprit. — Le professeur Jones résume ainsi l'état d'esprit américain : « Les colonies anglaises participèrent de la politique de la mère-patrie qui fut, avec des intervalles de calme, anti-française. En sorte que, naturellement, de cette guerre entre Protestantisme et Catholicisme, entre Grande-Bretagne et Gaule, sortit une remarquable aversion pour ce qui était français, aversion qui prévalut en Amérique jusque vers 1770 » \
Pour comprendre la défiance qui se manifesta à l'égard de tout ce qui était français, il faut tenir compte encore d'un autre élément : la présence à Boston de Réfugiés « papistes ». Ceux-ci étaient des Français canadiens, qui avaient quitté la Nouvelle-France pour des raisons peu avouables. Ils étaient misérables et se plaçaient comme domestiques. En 1744, on jugea qu'ils étaient trop nom-