Id., ib., p
4. America and Frenclt CuUiire, p. 301, dans Le Breton, o. c, p. 21.
breux ; la guerre était déclarée avec la France ; on redoutait l'espionnage et l'on craignait même des troubles. Un vent de gallophobie souilla '.
Néanmoins, lorsque les Acadiens lurent chassés de chez eux par les Anglais, les habitants de Boston les accueillirent et leur vinrent en aide. Bien qu'ils fussent sujets anglais depuis la paix d'Utrecht, les (^ F rencliN entrais », ainsi qu'on les appelait, étaient français de cœur ; aux yeux des Américains ils incarnaient la race française, et le type du Français famélique qu'on appelait par dérision «soupe maigre », subsista dans leur esprit jusqu'à l'arrivée de nos marins ^
Après le traité de Paris, les Français furent admis en grand nombre et les relations commerciales devinrent actives. Mais la liberté religieuse n'était pas officiellement établie l En 1774, un certain Francis Vaidale ou Vandale de Tours, dans la Province de Touraine, qui avait demandé l'autorisation d'ouvrir une école et d'enseigner le français, n'obtint satisfaction qu'après avoir fourni la preuve qu'il était protestant.
L'intervention française. — L'attitude de la France lors de la lutte pour l'indépendance américaine devait amener en Nouvelle- Angleterre un revirement des esprits. Pendant quelques années la petite ville qu'était Boston vit ses rues envahies par une foule de soldats et de marins français ; les officiers français, qui appartenaient à une élite sociale, furent les hôtes des négociants américains et le désir que l'on avait de leur faire honneur provoqua un développement tout nouveau de la vie mondaine. A l'ignorance et aux préjugés succéda l'engouement pour les choses de France.
Cela n'alla pas sans heurts. Lorsque, au lendemain de la reconnaissance de l'Indépendance américaine par la France, Sainneville débarqua à Boston, il fut accueilli avec de grands honneurs ^ Mais les revers de d'Estaing, sur qui l'on avait compté pour détruire la flotte anglaise, réveillèrent l'animosité. Les Français n'étaient pas satisfaits non plus. La situation empira bientôt. 11 y eut des bagarres, parce que la boulangerie française avait refusé du pain aux gens de k, ville. Un gentilhomme français fut blessé et mourut ~\ Washington lui-même intervint.
Les autorités avaient beau multiplier les démonstrations d'amitié,