CHAPITRE PREMIER GÉNÉRALITÉS
Observations sur la méthode suivie dans ce chapitre. — Il n'y a guère d'exagération dans ce que dit Gaspard de Real, dans son livre : La Science du Gouvernement (1761-1764) : « Les Cours et les assemblées des Plénipotentiaires se servent ou de la langue maternelle des Ministres ou de la Latine ou de la Françoise, qui est devenue la lanoue universelle vivante, comme la Latine est la langue universelle morte, la Langue Françoise a presque ôté à la Latine l'avantage d'être cette langue que les Nations apprennent, par une convention tacite, pour se pouvoir entendre, et l'on peut dire aujourd'hui de la langue Françoise ce que Ciceron disoit de la Grecque )> ".
C'étaient là des usages nouveaux, qui tranchaient singulièrement avec ceux de 1 âge précédent et qui mettaient en lumière, ainsi que plusieurs des concurrents de Berlin l'ont noté, l'universalité de notre langue. C'est pourquoi j'ai voulu placer ici cette étude qui montrera à sa façon et la réalité du fait et la nécessité d'apporter aux phrases où on le proclame des restrictions importantes.
Ma première idée avait été de présenter à mes lecteurs un tableau chronologique des traités conclus au xvui" siècle, où ils seraient répartis en deux classes : A. Traités conclus entre la France et les
\. Depuis que j'ai public dans le tome V de cette Histoire mon étude sur la façon dont le français a commencé à devenir la langue diplomatique, deux ouvrages ont paru sur la matière, d'abord celui de J. Brown Scott, Le français langue diplomaliqae moderne. Paris, Pedone, 1924, in-8° ; ensuite lioumiguicre (Henriette), Le français dans les relations diplomatiques (University California Press, Berkeley, California, 1926, 1 broch. in-S"). Le premier de ces ouvrages est avant tout un généreux plaidoyer en faveur des avantages que présente l'emploi du français. Le dernier est plus intéressant pour le xix** siècle que pour ceux qui l'ont précédé.