‹ Histoire de la langue française (volume 2)Chapitre 34 sur 330 · Rec. des Ad. etMém., t. XVIII, pp · texte numérisé non relu

Rec. des Ad. etMém., t. XVIII, pp

3. Wenck, t. I, p. S^S. Wenck publie aussi (t. II, p. 36) le traité d'Abo entre la Russie et la Suède (17 août 1743) en allemand, d'après un texte qu'un archiviste lui a communicpié. Il était en français d'après Rousset, etc.

4. Bien entendu, lui aussi, il faut le lire avec une extrême précaution. Le voici qui rapporte un traité du 2 août 1752 entre l'Impératrice Marie-Thérèse en tant que duchesse de Milan et les XII Gantons. Le traité est donné en allemand (t. III, p. 35). Pourquoi ? Je traduis, puisque le recueil de Wenck est en latin : 11 a reçu ce texte d'un greffier d'un des Cantons helvétiques, «qui avait assisté aux conférences». Mais il ajoute : « La Convention elle-même est écrite en italien et en allemand ; les Pleins pouvoirs et les ratifications en latin ; un exemplaire italien du tout a été imprimé à Milan en 1753: TraLtalo, etc. «. Voilà donc un traité bilingue; et il n'est ici donné qu'en une langue.

Autre preuve : Le Traité de Paix entre le Sultan et le Roi des Deux-Siciles (7 avril 1740) est dans Wenck (t. I, p. 519) en français (d'après Rousset). Or, si on lit jusqu'au bout, on trouve dans la Conclusion (p. 528) : Nous le Chevalier Don Joseph de Faulon Finochietti, M" Pién''^ de S. M. Sicilienne, avons signé de notre propre main et scellé de notre Sceau le présent Traité ou Instrument contenant vingt et un Articles, et celui de la Conclusion, conçus en Langue Ilalienne, et nous l'avons échangé avec un autre semblable en Langue Turque, aussi signé.

Histoire de la langue française . VIII, 2. 54

serait trahir leur confiance. Il y a tant de gens, dit-il, qui pensent que tout ce qui concerne les choses publiques doit a rester enseveli dans la nuit » '.

Ce n'est que dans le cas où Wenck n a pas trouvé de source plus sûre qu'il s'est résigné à recourir à un Mer-cure^ on à quelque publication analogue, qui, voulant faire connaître une convention, la fait passer dans une langue répandue. Dans ces conditions, il va sans dire qu'il subsiste de temps en temps des incertitudes \ 11 y a même des erreurs. Ainsi Wenck donne en français une convention de subside et d'alliance entre la France et la Suède (10 novembre 1738)^. Et ceci ne laisse pas de surprendre, étant donné l'attachement de la Suède à son latin. Or, vérification faite aux Archives des Affaires Etrangères, le traité est en deux langues,, latin et français \

Le 12 juillet 1736, Convention conclue entre le Dannemarc-Norwege et le Roi de Suède pour la défense du Commerce et de la Navigation. Suivant Wenck**, qui suit le Mercure /listorùjiie, ce traité serait en français. Vérification faite aux Archives de Stockholm, il est en suédois.

Je serai dispensé d'insister sur ces scrupules en rapportant ici un fait qui justifie toutes les défiances. Le traité de Kutschouk- Kainardji entre la Russie et la Turquie a été publié par Catherine II en français' : elle voulait le faire connaître au monde. Or le monde s'y est mépris, au point que longtemps les Français, l'abbé Grégoire en tête, ont allégué cet exemple pour montrer quels progrès avait faits le français dans les relations internationales. En réalité ce traité a été écrit en russe d'une part, et de l'autre en turc et en italien.

1. Partout où il donne un texte « c lahulario quodam publico », j'ai marqué à la suite du renvoi : d'après un original.

2. Voir par exemple le traité d'Alliance entre la Grande-Bretagne et la Prusse (48 nov. i74"2) (en français). Il le prend à l'Elat politique de l'Europe (t. I, p. 640).

Cf. t. III, p. 44. le Traité entre Frédéric II de Prusse et la Princesse Douairière d'Orange et de Nassau (Il janv. 1754) au sujet de la Cession des Biens et Domaines que S. M. possédait dans la Province de Hollande. Le texte est français. Il est vraisemblable que les deux maisons ont en effet traité et conclu en cette langue. Mais Wenck n'a pas eu l'instrument sous les yeux. Il suit le « Mercure historique et politique » dont le rédacteur affirme avoir reproduit le texte original. Voilà tout.

3. A la page 75 du tome III est donné un pacte entre George II, roi de Grande- Bretagne, et l'impératrice Elisabeth, signé à Saint-Pélersbourg, le 30 septembre 1755. Il est en anglais. N'est-ce pas parce que \\ enck n'en a eu connaissance que dans le recueil de Jcnkinson : Treaties of Greal Brilain, t. III, p. 30-3H ? Ou bien le traité estil réellement en anglais ?

Page 1