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LES iNÉGOGIATIONS ET LES RELATIONS 821
se perdrait dans « l'embarras incertain » de ce dédale, mais courrait grande chance de ne pouvoir accorder la pratique avec les doctrines, tant sont communes les inconséquences dont il nous est impossible d'apercevoir les raisons.
Moser, dans le livre auquel nous nous référerons le plus souvent, donne des faits, mais non des causes. En outre son livre a paru en 1750 ', et tout fait présumer que, pendant la période qui suivit, les usages changèrent encore considérablement, à l'avantage de la langue française.
Bornons-nous donc à quelques renseignements sommaires. En gros, on peut dire que le latin est encore d'un très grand usage. Il n'y a guère que la France qui écrive constamment en français, même au Pape ou à la Suède ■. Elle en use de même à l'égard des princes italiens \ du Duc de Savoie, du Roi de Sardaigne *, du Roi de Portugal \ du Roi de Danemark''. Au contraire la Pologne se sert toujours du latin '.
L'Empereur aussi écrit en latin à l'Espagne^, à la Russie^, à la Pologne '", à Venise, à la Sardaigne, à l'Angleterre, au Danemark, à la Suède, en tant qu'ils font partie de l'Empire".
A la Grande-Bretagne, il écrit en latin ou en français '■ ; au Pape en latin, mais aussi en italien'^; à la Prusse, aux Cantons suisses, en allemand '^.
Si on considère l'ensemble, il parait certain que, dès le temps de Moser (1730), le français a gagné du terrain. C'est d'abord la langue dont on se sert pour écrire à la Cour de France, non seulement en Hollande et en Angleterre, mais en Espagne '^ Cette puissance, qui d'habitude use de l'espagnol, se conforme à l'usage général.
1. Abliandlung von den Europâischen Hof-und Staats-Sprachen, nacli deren Gebrauch im Reden und Schreiben mil authenlischen Nachrichten bele'^t. Francfort-sur-le Main, 1750, in-8°.