Id., ib., ch. 1, § 56, p
14. Id., ib., ch, 1, §74, p. 75, et § 75, p. 81. Malgré cet usage, en 1726, « changeant de langue et de stile », le comte de Kœnigsegg présente aux Etats-Généraux de Hollande un mémoire en français. Rouss., dans Moser, II, ch. 1, ï^ 119, p. 103.
13. Voir Moser, II, ch. 21, ij 16, p. 412; ch. 5, ^12, p. 165 et § 14, p. 166; ch. 18, § 12, p. 313.
Les « pro memoria » particulièrement s'envoient en général en français dans la plupart des Cours'.
Tels sont ceux de la Prusse, adressés à l'Angleterre", ceux de l'Espagne, adressés aux Provinces-Unies^, ceux de l'Angleterre, adressés à l'Espagne^, ceux de la Russie, adressés à l'Angleterre^,. aux Provinces-Unies", ou à la Prusse'.
Les communications verbales. — Les audiences étaient soumises à un protocole très minutieux, et très strict. Généralement les Ambassadeurs et Ministres de tout rang s'exprimaient dans leurs langues propres, un interprète était chargé de traduire leur harangue. Il était de la dignité de ceux qui les recevaient de ne pas répondre dans la langue de celui qui se présentait, même s'ils la savaient. Mais ceci n'était vrai qu'en thèse, comme disent les théologiens. Encore cette thèse n'était-elle pas invariable.
En Suède par exemple, si l'envoyé parlait latin, on lui répondait en latin, s'il parlait sa langue, en suédois ^
Quand les Ministres étaient de second ordre, on n'v regardait pas de si près, on leur répondait « en Latin, en François ou en Allemand », « selon le pais d'où ils étoient ». Le plus souvent pourtant c'était en français, « quand le Ministre n'est pas de France », puisqu'alors cette langue était « réputée neutre » ".
« En hypothèse», les dérogations aux usages étaient constantes, quelquefois bien difficiles à expliquer. Une chose ici encore apparaît, visible, parmi les contradictions : le français était en progrès.
Autour de 1725 déjà les représentants de diverses puissances, entraînées, usent du français '". Bientôt toutes sortes d'événements hâteront ses progrès : en Autriche le mariage de Marie-Thérèse et la francisation qui a suivi, à Vienne l'avènement de Frédéric II, bref, tout ce qui, dans le milieu du siècle, emportait l'Europe vers la naturalisation du français dans les capitales. Nous avons rapporté plus haut" que Kaunitz, envoyé de la Cour de Vienne à Berlin, avait mission de « coucher en françois » sa communication,