Id., ib., ch. 21. § 27, p
9. En 1718, le comte Cadogan, ambassadeur de Grande-Bretagne, parle en français dans son audience aux Etats-Généraux.
De même Mvlord Stairs en 1742 (Moser, II, ^ 80, p. 185-186, et § 81, p. 186).
expédiées en forme. Il ne lui était pas venu l'idée de la faire en anglais \ D'année en année l'usage du français se généralisa à ce point qu'on entendit l'ambassadeur de Russie, se présentant devant le sultan, faire sa harangue en français"'.
Faits isolés, sans doute, et qu'il faudrait bien se garder de considérer comme preuves d'un changement de règle ou de l'établissement d'un usage. Il y a des contradictions inexplicables. Pourquoi Lord Tirawley fait-il dans sa première audience sa harangue en anglais, et prend-il congé en français^? Quelle est la part des circonstances? Qu'est-ce qui appartient aux inspirations de l'envoyé? Qu'est-ce qui est dû aux instructions reçues?
Une chose paraît certaine en tous cas, c'est que ce n'est pas toujours de leur plein gré que les diplomates étrangers usaient de la langue française. En 1721 se présentait à la Cour de Pologne un Anglais. Il fait sa harangue à Auguste II. Or il a quelque peine à s'exprimer en notre langue : Je dois demander pardon à Votre Majesté, dit-il, de l'avoir tenue si long-temps par un discours mal conçu, mal ordonné par mon peu de talent, et mal énoncé pour n'être pas assez versé dans la langue française \ Ce diplomate savait sans doute le latin et n'ignorait pas que la Cour devant laquelle on l'introduisait était très attachée à cette langue \ Avait-il des ordres ? Craignait-il de se rendre ridicule en écorchant les oreilles par un latin prononcé à l'anglaise? Son gouvernement eût pu lui recommander, lui permettre au moins, de parler anglais. Il ne semble pas l'avoir fait.
Gardons-nous donc de conclure. Toute généralisation se heurterait à des faits attestés. Ne vit-on pas en 1738 le Roi de France lui-même répondre à l'envoyé de l'Empire, Prince de Lichtenstein, en latin*'? M. d'Allion, envoyé de France, est reçu le 27 mars 1745 par la Cour de Saint-Pétersbourg. Il harangue en français, on lui répond en russe". En revanche le plénipotentiaire anglais Finch (Edward), en 172o, se présente devant la Cour de Pologne. Il se sert de l'anglais. On lui répond en français ^.
i. Staatss-Canzley, XXIV, p. 731 ; cf. Hoffmann, o. c, p. 51. En 16()4, l'envoyé de l'Empire avait harangué en français Charles II d'Angleterre dans sa première audience solennelle (Moser, o. c. II, ch. 1, § 33, p. (vl).
"2. 177o. Grivel, Théor. de l'éducation, t. III, p. 180, n. a.