OBSERVATIONS ET CONCLUSIONS
passés, il joue encore un vrai rôle de langue internationale, surtout en Méditerranée. Le Cérémonial du Recueil Sainctot dit encore en 1733: Lorsqu'un ambassadeur extraordinaire est reçu pour la première fois par l'Empereur, « l'Empereur luy respond en italien ». Les années qui suivirent ne virent pas cesser tout à fait cette tradition'.
4. Aff. Étr., Mém. et Doc. F. 1849, fo -20o. Cf. Dum. et Rouss., Cérém.. l. I, p. 479. col. 2.
Un des concurrents de Berlin, Eberhard, s'est déjà demandé quelles pouvaient être les causes qui avaient fait du français la langue diplomatique générale.
Après avoir montré la nécessité d'avoir une langue commune, non seulement pour s'entendre dans les négociations, mais pour rédiger des instruments sur le sens desquels on soit d'accord ', il rappelle que le latin avait été longtemps consacré dans cet emploi. Il avait pour lui la tradition ; ensuite, comme c'était une langue morte, il évitait à ceux qui en faisaient usage le désagrément d'adopter la langue d'une des nations contractantes et de sembler par là attribuer une préséance à la nation même ". Enfin les négociateurs étaient des savants en latin ; quiconque voulait participer aux affaires devait avoir acquis cette qualité \
Comment donc le français est-il arrivé, poursuit-il, à supplanter une langue dont la position était si forte ? C'est que la France est parvenue d'abord, en travaillant sur son propre fonds et dans sa propre langue, à assurer à cette dernière le magnifique développement qui résulte de la communication entre les gens instruits et la nation, dont chacun bénéficie. Mais l'italien, mais l'anglais en étaient là aussi. C'est l'influence de la Cour de France qui a décidé en faveur du français. Depuis le règne de Louis XIV les choses en étaient venues à ce point qu'il n'y avait pas un événement politique auquel ce roi remarquable ne voulût prendre part. Comme la supériorité de sa puissance se joignait aux artifices de sa politique, chacun penchait à venir à lui et à ses ministres avec toutes les marques d'une complaisance aveugle ou à se laisser soumettre sous le poids de son prestige. Ainsi l'emploi du français rencontra peu de difficultés. Il était déjà sans cela en train de devenir la lan-
1. Dissert. mss. du Concours, f" ii'2 t° ; Impr., p. 71 . Je donne une traduction littérale.