‹ Histoire de la langue française (volume 2)Chapitre 84 sur 330 · P. 55-56; cf. n · texte numérisé non relu

P. 55-56; cf. n

peuple entièremeut civilisé est, en dernière analyse, le ressort de l'ame humaine, le principe de ses élans vers de nouveaux sentimens, de nouvelles idées, et de nouvelles pensées )> '.

Influence des écrits. — La nation la plus polie a « des poètes, des orateurs, des historiens célèbres... des savans pleins de goût », l'autre, la moins civilisée, « assez éclairée pour connoître ses besoins », sentira que chez elle « les ouvrages d'esprit et d'agrément laissent encore à désirer ce goût fin et exquis qui peut seul mériter les suffrages de cette portion choisie du public contemporain et futur ». « Une partie de cette nation, petite, il est vrai, mais qui finit par donner le ton, étudiera la langue étrangère ». Une autre partie de la nation l'apprendra « sur le désir de lire ces écrits plus agréables, destinés à charmer ses loisirs » ".

L'élan spontané. — Dans la communication la marche n'est pas égale des deux côtés. « Les [nations] moins civilisées reciiercheront toujours plus le peuple opulent et poli, que celui-ci ne les recherchera ». De tous côtés « on s'empressera de voyager chez lui, pour visiter sa capitale, ses ateliers; pour apprendre à connoître un peuple si parfait, au moins si agréable, si aimable dans le commerce de la vie ; pour admirer les chefs-d'œuvres de ses artistes, ses monumens superbes ; assister à ses fêtes et à ses spectacles ; jouir des commodités de son luxe ... participer aussi peut-être à sa corruption; former enfin sur lui ses mœurs, et les raffiner ». On apprendra donc sa langue, ne dût-elle être qu'un instrument de communication, et on la rapportera dans la patrie ^

Le prestige politique. — Si la nation ainsi distinguée « parvient au plus haut point de sa civilisation », et qu'en même temps par ... sa puissance elle « obtienne le premier rang parmi les autres peuples, cette circonstance accélérera encore la propagation de sa langue » ^.

Dans le cas d'une conquête. — « L'effet sera même aussi rapide qu'il est possible », si la nation qu'on regarde parvient à l'empire. Alexandre par ses conquêtes a répandu le grec. (( La langue des Romains fut, en peu de temps, la langue universelle... dans les Gaules et dans l'Espagne; et celle des François, sous les drapeaux

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