‹ Histoire de la langue française (volume 2)Chapitre 89 sur 330 · Ib · texte numérisé non relu

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gne veulent compter sur les génies forts pour régler la langue allemande, l'auteur avertit que ses études l'ont amené à constater que le français n'a pas été perfectionné par les écrivains de cette nation. Sinon « pourquoi les François n'ont-ils pas adopté dans leur langue ou plutôt, en ont-ils rejeté une aussi grande quantité de mots contenus dans Montaigne, auteur qu'on lit d'ailleurs avec tant de plaisir » ?

Avantage d'une pareille fixité pour les étrangers. — « Celui qui avoit une fois appris le françois, tel qu'on le parloit à la cour, parmi les premières et les moyennes classes de la capitale et des provinces, et sur le théâtre ; tel enfin que l'écrivoient les gens de lettres, pouvoit être assuré que non-seulement ilseroit entendu partout, mais qu'il passeroit pour une personne qui avoit vécu dans un monde poli », au lieu d'être exposé à « la nécessité de lire les rêveries de chaque écrivain qui vouloit se distinguer » \

La part de la nature, du climat et de l'histoire. — Le climat y contribue. Il garantit le pays de « cette chaleur immodérée qui dissipe les esprits vitaux, et relâche les fibres, et de ce froid rigoureux qui les épaissit et les roidit » ; il n'est « ni trop libéral pour inviter à la paresse, ni trop avare pour émousser et décourager l'industrie » -. Schwab remonte à l'antiquité. Les semences « presque étouffées par les barbares » ne périrent pas. Le latin restait la langue écrite, apportant « une multitude d'idées », tandis qu'un Allemand qui trouvait une idée était obligé d'en créer l'expression.

(( Le germe d'une nouvelle sensation, d'un nouveau sentiment, d'une nouvelle idée se développoit-il dans l'ame d'un François, il lui trouvoit bientôt dans sa langue savante, un mot correspondant. 11 lioit à ce mot sa nouvelle conception, et la transplantoit ensuite avec lui dans la langue vulgaire »^

La royauté concilie son pouvoir avec le maintien de la liberté. — Schwab essaie, comme il peut, de démontrer ce paradoxe et de prouver que la liberté « en se courbant devant le trône du monarque, perdit tout ce qu'elle avoit de dur et de grossier » ; et y prit « ce caractère de souplesse si avantageux au raffinement des mœurs ». Des mœurs « souples et douces s'allièrent avec une liberté décente,

1 . P. 100 : cf. note 33 où l'auteur parle de Haller, obligé de se remettre à l'étude d'un allemand particulier pour entendre Lavater.

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