Préc. d'orthoyr. (17(i2), p. v
4. Equivoques et bizarreries de l'orthoyraphe françoise (I7ti()), pp. 1-3.
et elle a pris, en quelque sorte, la place de la Langue Latine qui, depuis même la décadence de l'Empire Romain, étoit la Langue presque universèle de l'Europe.
« La Langue Allemande est énergique, mais elle est rude,
particulièrement par ses aspirations finales : l'Angloise est abondante ; mais elle n'est pas assez châtiée et régulière ; l'Espagnole est grave et pompeuse ; mais elle est trop enflée et elle a quelques articulations dures ; l'Italiène est délicate ; mais elle est molle et souvent languissante. La Langue Françoise a tous les avantages de ces Langues, sans avoir presque aucun de leurs défauts ; elle est tout ensemble douce et forte, exacte et abondante, simple et majestueuse, molle et délicate ».
Il va de soi que les ouvrages du même genre publiés à l'étranger sont ceux où les affirmations se présentent sur le ton le plus résolu. Dans la dédicace de son i\eiv FrencJi Dictionary à « Rioht Honorable Lord Viscount Weymouth », Deletanville écrit (en anglais): « Faire beaucoup d'éloges de ma langue natale, surtout à vous, Mylord, serait superflu. Pour le public, qu'il me suffise d'observer que la connaissance de cette langue, dans ce pays, est considérée comme un titre aussi utile que nécessaire, et ce m'est, j'ose l'espérer, un motif suffisant pour qu'il vous plaise de patronner une entreprise dont l'objet est de faciliter la science d'une langue qui devient en quelque sorte celle de l'Europe » \
Ce n'est pas de quelques phrases, mais d'une véritable apologie que Lebroussart, dont nous retrouverons le nom au moment de la Révolution, appuie ses assertions : « L'étude de la langue française, dit-il, devient un nouvel ornement dans le nouveau code scholastique. Depuis qu'elle est devenue la langue dominante de L'Europe, il n'est peut-être aucun ordre de citoyens dans les Pays-Bas à qui elle ne soit nécessaire aujourd'hui, à cause du commerce fréquent de ces provinces avec la France et les Etats voisins. Indépendamment de l'avantage qu'elle a de jouir du droit de bourgeoisie dans la plupart des grandes villes de l'Europe, indépendamment encore de la préférence qu'on lui donne déjà dans les meilleures sociétés de la Belgique sur la langue nationale, quel est le négociant qui, sans elle, pourra traiter avec l'étranger ? Quel est l'artisan qui osera franchir les barrières de son pays, du moins vers le Midi ? Son utilité se fait encore mieux sentir à ceux dont les occupations ont une liaison plus étroite avec les beaux-arts et les sciences » -.
Voici l'exposé de Prémontval : « La Langue Françoise est depuis