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tion de la langue. C'est cette galanterie décente, dont la cour de Louis XIV étoit le modèle, qui distingue particulièrement ces productions d'un bouta l'autre » '.
Hume, dans son Histoire de la Grande-Bretagne^ a constaté combien, dans les ouvrages de poésie, d'éloquence, d'histoire et dans les autres branches des belles-lettres, la France dépassait l'Angleterre du temps de Charles II, et que, même au siècle suivant, les Anglais « n'auroient pu lui disputer, avec plus de succès» cet avantage.
Dans les sciences. Une langue de vulgarisation. — Sur les sciences, grâce au François, s'est répandue « l'élégance unie à la facilité, caractère de la belle littérature Françoise ». « Diction pure, netteté dans les idées, ordre lumineux » distinguent les Mémoires de l'Académie des Sciences. Les « démonstrations les plus difficiles sont mises à la portée des esprits d'une capacité ordinaire ». « Les Allemands et les Italiens sont évidemment plus inventifs, les Angloisplus profonds », mais « les François savent bientôt s'approprier tous les trésors des autres nations », et ce qu'ils a reçoivent encore brut, ils le leur rendent façonné et poli » ^ .
S'ils produisent des ouvrages superficiels, « tant mieux encore pour leur langue » ; en Allemagne, en Pologne, en Russie, aussi bien qu'en France... « les dames et les grands désirent pouvoir faire un amusement de l'étude de la géométrie, de l'histoire naturelle et de l'astronomie » ' .
Importance d'une diffusion générale de la culture. — Il ne s'agit pas pour prouver la culture d'une nation qu'elle possède un Keppler, un Copernic, ou un Leibnitz, mais que dans toute la nation il y ait des gens distingués. En France « des l'Hôpitals, des La Rochefoucaults ne sont pas rares », et parmi les femmes, des Sévignés, des Scudéris, des Deshoulières, des Maintenons, et c'est ce qui fait qu'on peut, avec droit, regarder cette nation comme « distinguée par la culture de son esprit » *.
La France et les Français se prêtent a toutes les formes de CULTURE. — Aucun genre de sciences et d'arts n'est étranger à la France, même la théologie. « Il falloit qu'une bonne éducation ne
fût pas rare », puisqu'on pouvoit trouver en France k une tête en •état de se consacrer à l'étude de chaque science, de chaque art, de s'y livrer avec succès ; il faut même admettre que cette nation prenoit des mesures excellentes pour faire éclore et former les talens » '.
Position avantageuse de la France. — « La nature semble avoir destiné la nation françoise à se répandre... dans tous les Etats de l'Europe », comme « elle semble, à son tour, appeler dans son sein tous les voisins qui l'entourent» ^.
Emigration au dehors. Le Refuge. — La vivacité, l'inquiétude, si naturelles au Français, suffisent pour le pousser chez l'étranger. En outre « le vieux Louis, par une bigotterie vraiment despotique, sépara... de son peuple cette grande masse qui vint augmenter la population des pays voisins, et de quelques autres États ^ ».
Suivant quelques-uns, « cet événement contribua plus qu'aucun autre à la propagation de la langue françoise ». Mais, quand il se produisit, a la fortune de la langue étoit déjà faite ». Il n'a eu d'autre effet que (( celui de ces causes accidentelles au flux et au reflux de la mer, qui l'élèvent à quelques pouces plus haut, et sans lesquelles cependant elle n'eût pas moins franchi ses bords » *.
Caractère liant des Français. Leur art de plaire. — « Le François est dans le commerce de la vie le plus communicatif de tous les Européens » « Le babil d'un François, joint à sa gaité naturelle, à sa
complaisance, rendent sa société singulièrement attrayante, surtout aux dames et aux grands ». « Les morceaux caquetés, dit Piron, se digèrent plus aisément » " . Un François, avec son babil, son magasin d'anecdotes, devient sans peine « un personnage important » auprès d'un riche a pour aider à sa digestion, pour amuser ses loisirs ». « Que ce qu'il dit ne soit pas de bien grande conséquence ; que tout son esprit ne soit qu'une pure compilation de ce qu'il a lu ou retenu de la conversation de gens d'esprit ; que tout ce qu'il sait dire d'honnête et d'obligeant se réduise à de pures formules, dont le nombre doit être intarissable chez une
nation qui a fait de si grands progrès dans ce qu'on peut appeler l'esprit de société, c'est assez; il entretient, il amuse le maître de
la maison, et ce qui arrive encore plus souvent, il amuse madame
11 n'y a pas jusqu'aux défauts de cette nation qui ne soient favorables à sa langue » '.
Défauts charmants. Légèreté aimable et enjouée. — « Qu'on reproche... non sans raison, à un jeune François àeVêtourderie, de la fatuité, un air avantageux (défauts qui n'ont proprement aucuns mots correspondans dans notre langue), toujours est-il certain qu'on ne trouve nulle part des hommes et des vieillards aussi aimables qu'en France — » Ils conservent la gaité (de la jeunesse), « qui descend avec eux dans la tombe ». « Rousseau se moque de ces François à cheveux blancs, qui affectent encore les manières des jeunes gens. La raison singulière qu'il donne de leur conduite, c'est que dans la société des femmes ils aiment mieux être ridicules Ç[u insupportables ». Rousseau ressemble en ceci à Caton, qui « reprocha à la littérature des Grecs de corrompre les mœurs, et envoya son fds à Athènes » ^.