UNIVERSELLE
La force de propagation d'une langue n'est pas en raison de sa VALEUR. — Schwab conçoit nettement que le rôle international d'une langue ne se mesure pas à sa valeur intrinsèque.
« Une langue peut être plus molle, plus harmonieuse, qu'importe ; ce sont moins les étrangers que la nation qui la parle, qui savent attacher un grand prix à cette perfection » ^ « Il leur suffit que la langue qu'ils veulent apprendre ne fatigue point leur organe » ^. Qu'une langue ait quelque chose de plus pittoresque qu'une autre, c'est une qualité... « qui invite à en lire les chefs-
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d'œuvres de poésie », mais le nombre de ceux qui cherchent, dans une langue étrangère, une source de plaisir est toujours très inférieur au nombre de ceux qui n'y veulent trouver qu'un instrument de communication. « C'est moins d'ailleurs de la disposition d'une langue que du talent de l'écrivain, que résulte le pittoresque ». Ainsi Boileau, « que la nature n'avoit pas doué d'une imagination extrêmement féconde », a su « donner un corps » à ses pensées avec « plus d'art que les poètes allemands », ses contemporains. C'est une erreur de croire qu'on déterminera le mérite d'une langue, du moins le mérite qui sert à la propager, d'après un état exact des perfections dont elle est susceptible '.
On eût donc pu attendre ici un examen approprié des vertus du français en tant que langue de communication. Mais la pensée de l'auteur a un peu flotté. Il revient à certains mérites dont il a déjà parlé, comme sa fermeté (entendez sa fixité) que « ne possède, dans un degré égal, aucune des langues... de l'Europe » -. Toutefois il dégage particulièrement la « facilité de l'apprendre, qui a sa source dans la régularité de la construction » ^ ; sa « prononciation douce qui, sans atteindre à la mollesse de la langue italienne, s'accommode... aux organes de toutes les nations ».
Tout ce passage est un peu sommaire et pauvre, mais certaines vérités sont mises en lumière, certaines objections réfutées.
La richesse considérée de ce point de vue. — Les nations « s'embarrassent peu si une langue est riche ou non, elles veulent uniquement qu'elle serve à exprimer tout ce qui sera l'objet de leurs liaisons réciproques ». « Une excessive richesse ne feroit même que les détourner de son étude » '* .
Langue et modes. — Certains prétendent qu'on a adopté la langue des Français comme leurs modes. « Il y a, en cela, quelque chose de vrai, et de nullement préjudiciable à la France » '. « Cette légèreté, cette décence, cette grâce qui caractérisent le goût de la nation françoise se manifestent dans sa manière de s'habiller, comme dans sa littérature » ^.
Les classes qui reçoivent ses modes « avec le plus d'empressement » sont u flattées de l'air de grandeur... qu'elles communiquent,