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surpassent tout ce que les nations actuelles les plus cultivées ont donné de nos jours dans ces genres. Et à côté de ces chefs-d'œuvre un « nombre considérable de bonnes poésies » donnent à l'Allemagne « sujet de rivaliser avec toute nation civilisée ». « Nous avons des chefs-d'œuvres d'éloquence » d'un goût proprement allemand, et un théâtre « qui a déjà beaucoup fourni, et fournira encore davantage, à mesure que l'esprit de société unira plus étroitement tous les états ». « Dans l'histoire, les Allemands sont connus depuis longtemps par leur fidélité et leur exactitude » '.
La philosophie allemande. — En philosophie, personne ne peut leur disputer le premier rang. « Les Anglois nous sont inférieurs dans l'art de développer les motifs qui servent de base aux sciences et aux beaux-arts ; et la philosophie des Allemands est la seule qui ait pu remonter à cette source d'où jaillit, pour ainsi dire, tout ce qui est beau dans le ciel et sur la terre » '.
La théologie. — La « science de la religion paroit être proprement le champ où doit s'exercer l'esprit de l'Allemand ». « Le François, abusant de sa légèreté et de son esprit superficiel, a lancé les traits du ridicule contre la religion; l'Anglois dans ses raisonnemens, lui a porté des coups plus hardis qu'assurés; l'Allemand, seul, s'est arrêté sur un objet aussi important, pour y porter l'œil de la critique; il a déraciné, avec courage, d'anciens préjugés toujours dangereux; mais, après avoir tracé la ligne qui sépare la lumière des ténèbres, plein de circonspection, il ne l'a pas dépassée »\
Souplesse du génie allemand. — « La souplesse avec laquelle le génie allemand peut prendre toutes les formes, paroît avoir été infiniment favorable à la propagation de notre langue ». Un Wieland sait tout s'approprier. Klopstock a réuni la manière d'Homère, de Virgile et de Milton. 11 semble qu'avec ces dispositions la littérature allemande « pourroit devenir, avec le temps, le point central de celle de toute l'Europe » qui pourrait retrouver, dans le goût allemand, celui de toutes les nations^.
La presse. — La littérature gémit sous le faix de tant de Gazettes, néanmoins elles sont utiles et la Bibliothèque Germanique universelle, « quoiqu'elle n'emploie pas toujours la balance d'or pour ap-