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phrase étrange une pointe et rien de plus. Rivarol estime que « la pensée se détrempe dans cette langue ». Et Machiavel, et Gravina, et Beccaria .*> demande Garât. Prétendre qu'on est dans la fâcheuse alternative d ennuver ou d'insulter un homme, quand on parle italien, etc., n'est pas plus sérieux. Ne pourrait-on faire le même reproche au français, où on dit : je suis ivoire i^alet?
Dans le morceau sur les relations de la pensée et de la parole, si Rivarol se montre supérieur, c'est qu'il suit Condillac'. Il ne faudrait pas affecter tant de dédain pour les grammairiens, ni les traiter de si haut, quand on leur prend les meilleures observations. Les prétendues découvertes sur le verbe être, les noms, etc., sont démarquées. Et Garât profite de l'occasion pour faire l'éloge de la Grammaire philosophique". Ses observations vont souvent très à fond. « L'ordre direct, dit-il, n'est pas la seule source de clarté. Des idées bien déterminées, bien ordonnées, rendues ou avec le mot propre ou avec le mot qui fait une image juste, seront claires dans toutes les langues » '\
Le deuxième article n'est pas moins intéressant pour nous : Rivarol loue bien mal les grands auteurs. Il v a dans son œuvre un contraste choquant entre l'idée qui est métaphysique et l'expression qui sent le bel-esprit^.
Le style a un vice grave : « l'auteur, au lieu d'écrire ses propres pensées, tourmente celles des autres ».
Enfin la composition de l'œuvre laisse à désirer. En tête Rivarol dit : « Elle [l'universalité] tient à des causes si délicates et si puissantes à la fois que, pour les démêler il s'agit de montrer jusqu'à quel point la position de la France, sa constitution politique, l'influence de son climat, le génie de ses écrivains, le caractère de ses habitants, et l'opinion qu'elle a su donner d'elle au reste du monde, jusqu'à quel point, dis-je, tant de causes diverses ont pu se combiner et s'unir pour faire à cette langue une fortune si prodigieuse ». Or ce n'est pas du tout son plan '.
Bien d'autres ont parlé, c'était fatal, de ce Discours sensationnel, comme on dit aujourd'hui. « Rivarol, dit Tilly, qui n'avait pas fait grand'chose alors : il était peut-être plus connu par Le Chou et le Navet que par le Chant de l'Enfer du Dante, qu'il avait traduit, que par son Kpitre au Roi de Prusse, et le Discours sur /'Unii^ersalité de